Publié le 19 février 2026 11:41:00. Le déploiement des robotaxis de Tesla à Austin, au Texas, est marqué par une série d’incidents qui remettent en question la sécurité de cette technologie prometteuse, alors que l’entreprise mise sur l’intelligence artificielle pour son avenir. Ces accidents interviennent alors que d’autres acteurs du secteur, comme Waymo et Zoox, font également face à des problèmes similaires.
- Depuis son lancement à Austin, le service de robotaxis Tesla a été impliqué dans 14 accidents, dont cinq rien qu’en décembre et janvier.
- Le taux d’accidents est presque quatre fois plus élevé que celui des conducteurs humains, selon des estimations basées sur les 800 000 kilomètres parcourus.
- Des incidents impliquant des véhicules autonomes de Waymo et Zoox, dont un accident ayant blessé un enfant, font l’objet d’enquêtes réglementaires.
Les récents accidents impliquant les robotaxis Tesla à Austin ont mis en lumière des situations variées : une collision avec un objet fixe à 56 km/h (17 mph) alors que le véhicule roulait droit, un choc avec un bus à l’arrêt, une collision à basse vitesse (16 km/h, soit 4 mph) avec un camion, et deux manœuvres de recul ayant entraîné des contacts avec des obstacles, dont un poteau à 3 km/h (1 mph) et un autre objet fixe à 8 km/h (2 mph). Ces détails, rapportés par Electrek, soulignent la complexité des défis liés à la conduite autonome.
Sur la base des données disponibles, Electrek estime qu’un robotaxi Tesla est impliqué dans un accident tous les 57 000 kilomètres, un taux alarmant comparé aux statistiques de Tesla concernant les conducteurs humains. Selon le site, il ne s’agit pas d’un simple problème de début de programme, mais d’un « écart de performance fondamental ». Ces chiffres interviennent alors qu’Elon Musk a clairement indiqué que l’avenir de Tesla repose désormais sur l’intelligence artificielle et la robotique, avec des ambitions de développement massif de sa flotte de robotaxis.
Tesla n’est pas le seul constructeur à rencontrer des difficultés. Waymo fait l’objet d’enquêtes après qu’un de ses véhicules a heurté un enfant près d’une école à Santa Monica, en Californie, causant des blessures mineures. Waymo affirme que son véhicule a freiné plus rapidement qu’un conducteur humain ne l’aurait fait, mais l’incident a suscité l’inquiétude. Par ailleurs, les régulateurs fédéraux enquêtent sur plusieurs cas où des robotaxis Waymo auraient dépassé illégalement des bus scolaires arrêtés. Zoox a également été impliqué dans des incidents à San Francisco, comme le rapporte TechCrunch.
L’enjeu est de taille : des milliards de dollars ont été investis dans le secteur des robotaxis, notamment une récente levée de fonds de 16 milliards de dollars pour Waymo. La promesse de ces véhicules autonomes est de rendre les routes plus sûres, en éliminant les erreurs humaines, la conduite sous l’influence de l’alcool ou l’agressivité au volant. Waymo affirme avoir constaté une « réduction de 90 % des accidents avec blessures graves » sur 200 millions de kilomètres parcourus en conduite entièrement autonome, comparativement aux conducteurs humains. Cependant, comme l’écrit David Zipper, chercheur principal à la MIT Mobility Initiative, dans Bloomberg :
« Nous ne savons pas encore si un voyage en robotaxi est plus ou moins susceptible d’entraîner un accident qu’un trajet effectué par un humain. »
De plus, les études montrent que les gens ont tendance à faire davantage confiance aux véhicules autonomes qu’aux conducteurs humains, ce qui signifie que même des performances de sécurité équivalentes pourraient ne pas suffire à gagner l’adhésion du public. Waymo prévoit de proposer plus de 400 000 trajets hebdomadaires dans six zones métropolitaines américaines et d’étendre ses services à 20 nouvelles villes cette année. Tesla, de son côté, ambitionne de déployer ses robotaxis dans sept nouvelles zones d’exploitation en 2026. À mesure que ces entreprises cherchent à généraliser l’utilisation de leurs véhicules autonomes, elles peuvent s’attendre à un examen minutieux de leurs affirmations en matière de sécurité.
Ce rapport a été initialement publié par TechBrew.