Au Danemark, le paysage politique et économique est marqué par une incertitude notable à l’approche des élections locales, tandis que de grandes entreprises font face à des défis judiciaires et des réorganisations stratégiques.
Élections locales : près de la moitié des Danois encore indécis
À moins d’un mois des élections locales prévues pour le 18 novembre, un sondage majeur commandé par le Constructive Institute révèle une forte proportion d’électeurs encore dans l’expectative. Sur plus de 100 000 personnes interrogées par Epinion, 49 % ont déclaré qu’ils comptaient voter, mais n’avaient pas encore arrêté leur choix. Seuls 41 % disent avoir une idée précise du candidat ou du parti qui recevra leur suffrage.
Cette proportion d’électeurs indécis n’est pas nouvelle, selon Ulrik Kjær, professeur de sciences politiques à l’Université du Danemark du Sud spécialisé dans le gouvernement local. « Nous savons que les gens ont tendance à se décider assez tard, souvent pendant la campagne elle-même. Un électeur sur sept ne se décide que le dernier jour – certains même à l’intérieur de l’isoloir », a-t-il expliqué à l’agence de presse Ritzau. Ces chiffres viennent donc confirmer une tendance observée lors des scrutins précédents.
Pour rappel, les ressortissants étrangers résidant au Danemark peuvent participer aux élections locales s’ils sont citoyens de l’UE ou s’ils vivent dans le pays depuis plus de quatre ans.
Novo Nordisk se réorganise face à une concurrence accrue
Dans le secteur de la santé, Novo Nordisk, le géant pharmaceutique danois, annonce un remaniement majeur de sa structure dirigeante. Plus de la moitié des membres de son conseil d’administration, y compris son président, seront remplacés. Cette décision intervient alors que le fabricant des traitements anti-obésité Ozempic et Wegovy doit faire face à une concurrence grandissante sur ce marché.
L’entreprise, qui a récemment changé de PDG et annoncé la suppression de 9 000 postes, convoquera une assemblée générale extraordinaire le 14 novembre. Cette réunion est motivée par des divergences de vues entre le conseil d’administration et l’actionnaire majoritaire concernant la gouvernance future de l’entreprise. Confronté à une pression concurrentielle accrue, Novo Nordisk a déjà annoncé des licenciements et un programme de réduction des coûts le mois dernier, revoyant par ailleurs ses prévisions de croissance des bénéfices pour la troisième fois cette année.
Pour Søren Løntoft Hansen, analyste chez Sydbank, ce remaniement n’est pas surprenant. « La réalité de Novo a radicalement changé au cours de l’année écoulée, et cela nécessite une réponse », a-t-il commenté auprès de Ritzau.
Une entreprise danoise sanctionnée pour violation des sanctions contre la Russie
Le monde des affaires est également secoué par une affaire judiciaire concernant le respect des sanctions internationales. L’entreprise Alfa Laval, basée à Kolding, reconnaît avoir violé les sanctions imposées à la Russie et s’apprête à payer une amende de 100 000 couronnes (environ 13 400 euros). Il s’agit de la première entreprise à être sanctionnée dans ce cadre depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
L’affaire sera jugée devant le tribunal de district de Kolding, où Alfa Laval devrait plaider coupable. L’Unité nationale pour les crimes spéciaux (NSK) a proposé cette amende, que la société a acceptée. L’infraction remonte à la période allant de juin à août 2022, durant laquelle Alfa Laval aurait vendu à deux reprises des pièces de rechange pour une centrifugeuse, d’une valeur totale d’un peu plus de 500 000 couronnes (environ 67 000 euros), à une société affiliée en Russie, selon les informations de Ritzau.
La Première ministre Frederiksen défend la participation de son mari à un documentaire
Sur le plan politique, la Première ministre Mette Frederiksen a été interrogée sur l’implication de son époux, Bo Tengberg, dans la production d’un film documentaire consacré au président ukrainien Volodymyr Zelensky. La cheffe du gouvernement danois a affirmé ne voir aucune incompatibilité dans cette situation.
« Bo a un travail. Il travaille dans le cinéma. Je ne m’implique pas dans son travail et il n’a évidemment aucune influence sur la politique du Danemark en Ukraine », a-t-elle déclaré aux médias devant le Parlement. Elle a également précisé ne pas avoir discuté du documentaire avec le président Zelensky.
Cependant, l’ONG Transparency International Denmark a émis des critiques quant à cette implication, invoquant le lien personnel entre le producteur et la Première ministre.