Publié le 12 février 2024 06:30:00. Un membre du service de protection rapprochée du ministre de l’Intérieur tchèque, Lubomír Metnar, a été photographié portant un T-shirt à l’effigie du président russe Vladimir Poutine et prenant une pose de boxeur. L’affaire, révélée par le site d’information Seznam Zpravy, a suscité une enquête interne qui a confirmé l’authenticité des clichés, sans pour autant relever d’infraction.
- Des photos compromettantes montrant un agent de la police de protection en position de boxe avec un T-shirt à l’image de Vladimir Poutine ont été découvertes.
- L’agent a initialement nié l’authenticité des photos avant de s’excuser auprès du ministre de l’Intérieur.
- L’enquête interne n’a pas révélé de manquement à la loi, mais a confirmé que l’agent avait menti sur l’existence des photos.
L’affaire a éclaté lorsque le site d’information Seznam Zpravy a révélé l’existence de ces photographies, prises vraisemblablement au sein même du siège du Service de protection, rue Kapucínská, au château de Prague. L’agent en question, identifié comme Vladimír B., a été affecté à la sécurité du ministre de l’Intérieur, Lubomír Metnar, après sa nomination mi-décembre.
Confronté aux faits, Vladimír B. a d’abord catégoriquement nié avoir été photographié dans ces circonstances. Il a affirmé que les images étaient fausses et qu’il ignorait qui aurait pu les fabriquer. Interrogé sur un éventuel soutien au président russe, il a refusé de répondre.
« Ce n’est pas réel. C’est faux. »
Vladimír B., agent du Service de protection
Une enquête interne menée par le Service de protection a cependant confirmé l’authenticité des photos. L’agent a ensuite admis au ministre Metnar que les clichés étaient bien réels, présentant ses excuses et expliquant qu’il s’agissait d’une photo datant de 2020, sans connotation politique particulière.
Selon la porte-parole du ministre Metnar, Ivana Nguyen, l’agent a affirmé qu’il ne soutenait pas la Fédération de Russie. Le Service de protection a également examiné le comportement de Vladimír B. dans l’exercice de ses fonctions et sur internet, et a confirmé qu’il disposait d’une habilitation de sécurité, dont le niveau n’a pas été précisé.
« Il s’est excusé auprès du ministre et a expliqué qu’il s’agissait d’un problème de récession de 2020 qui n’avait aucun contexte politique ni lien avec le soutien de la Fédération de Russie. »
Ivana Nguyen, porte-parole du ministre Metnar
Le Service de protection a conclu qu’il n’y avait pas de preuve d’une conduite illégale ou d’une expression de sympathie envers une puissance étrangère dans les actions de Vladimír B. Le ministre Metnar a déclaré être satisfait de cette explication et ne considère pas l’agent comme un risque pour sa sécurité.
Seznam Zpravy a par ailleurs révélé avoir couvert en détail les dysfonctionnements du Service de protection ces deux dernières années, notamment la dissimulation de la découverte de résidus de cocaïne dans les toilettes de la Chambre des communes et des soupçons de fausses heures supplémentaires. L’Inspection générale des forces de sécurité a classé la plupart de ces affaires sans suite, estimant qu’aucun crime n’avait été commis.
En 2020, date des photos, la Russie occupait déjà la péninsule ukrainienne de Crimée depuis six ans et des combats avaient éclaté dans l’est de l’Ukraine, avec la sécession de trois régions. En 2022, la Russie a lancé une invasion à grande échelle de l’Ukraine, qui se poursuit actuellement.