Plus d’un an après la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024, la Syrie tente de se reconstruire sous la présidence d’Ahmed al Sharaa. Si son pragmatisme a suscité l’espoir d’une stabilisation, le chemin vers la paix reste semé d’embûches, notamment avec la question délicate du statut des Forces démocratiques syriennes (FDS).
L’effondrement du régime d’Assad, consécutif à une offensive menée par les forces de Hayat Tahrir al-Sham, avait initialement ravivé l’espoir d’une fin à plus de dix ans de guerre civile dévastatrice. Ahmed al Sharaa, le nouveau président, a rapidement impressionné par sa volonté de gouverner avec pragmatisme et de rétablir un minimum de stabilité dans un pays ravagé. Cependant, cette transition s’est avérée complexe.
Les minorités syriennes, inquiètes face à un dirigeant sunnite ayant des liens passés avec des groupes djihadistes, ont exprimé leurs craintes. Parallèlement, les Forces démocratiques syriennes, composées majoritairement de combattants kurdes, se sont montrées réticentes à abandonner l’autonomie qu’elles avaient acquise au prix de lourds sacrifices. Al Sharaa a donc dû jongler entre ces différentes sensibilités tout en cherchant à consolider son pouvoir.
Au-delà des défis internes, le gouvernement syrien a dû composer avec les relations complexes avec les pays voisins et obtenir le soutien des puissances internationales. L’économie, anéantie par des années de conflit, nécessitait également une reconstruction massive, un processus qui pourrait être facilité par la levée progressive de certaines sanctions étrangères.
À ce stade, la question des FDS demeure la plus épineuse. Début 2026, ces forces contrôlaient encore environ un quart du territoire syrien, ainsi que d’importants gisements de gaz et de pétrole. Des négociations d’intégration, facilitées par les États-Unis, avaient été entamées en 2025, mais se sont heurtées à un désaccord fondamental : la centralisation du pouvoir ou la fédéralisation du pays.
Face à l’impasse, Damas a opté pour une approche plus ferme le mois dernier, lançant des offensives limitées et encourageant les défections au sein des rangs des FDS, notamment parmi les combattants arabes. Simultanément, le gouvernement syrien a su tirer parti de ses relations naissantes avec les États-Unis pour obtenir le contrôle de la gestion des prisonniers de l’État islamique détenus par les FDS.