Publié le 2025-10-08 11:48:00. L’Académie suédoise a récompensé le développement de structures métallo-organiques (MOF) par le Prix Nobel de Chimie 2025, distinguant Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar Yaghi pour leur contribution à la résolution de défis environnementaux et industriels majeurs.
Le Prix Nobel de Chimie 2025 a été attribué au Japonais Susumu Kitagawa, au Britannique Richard Robson et à l’Américain Omar Yaghi pour leurs travaux pionniers dans la création de structures chimiques révolutionnaires appelées réseaux métallo-organiques (MOF). Ces matériaux, désormais au cœur d’investissements massifs pour une production à grande échelle, ouvrent de nouvelles perspectives pour s’attaquer à des problématiques sociétales cruciales.
« Grâce au développement de structures à ossature métallo-organique, les lauréats du Prix de Chimie 2025, Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar Yaghi ont créé par des chimistes de nouvelles opportunités pour résoudre certains défis auxquels nous sommes confrontés », a souligné l’Académie suédoise.
Les découvertes de ces chercheurs ont permis la conception d’une multitude de MOF aux propriétés diverses et fonctionnelles. Si leur utilisation fut longtemps limitée à de petites échelles, l’industrie prend désormais le relais pour exploiter pleinement leur potentiel. De nombreuses entreprises investissent dans leur production et leur commercialisation en série.
Les applications concrètes commencent déjà à émerger. L’industrie électronique, par exemple, utilise désormais des MOF pour capter des gaz toxiques essentiels à la fabrication de semi-conducteurs. D’autres MOF se révèlent capables de dégrader des gaz nocifs, y compris ceux susceptibles d’être employés comme armes chimiques. Parallèlement, des entreprises testent des MOF pour capturer le dioxyde de carbone émis par les usines et les centrales électriques, contribuant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique.
L’Académie suédoise note que certains scientifiques estiment le potentiel des structures métallo-organiques si vaste qu’elles pourraient « devenir le matériau du 21ème siècle ».
Un prix marqué par l’histoire scientifique
L’année précédente, le Prix Nobel de Chimie avait été décerné à David Baker, Demis Hassabis et John M. Jumper pour avoir révolutionné la conception et la prédiction des structures tridimensionnelles des protéines grâce à des méthodes informatiques.
À ce jour, le prix Nobel dans la catégorie chimie a été remis 116 fois, honorant 197 scientifiques. Le nom de Maria Skłodowska-Curie reste gravé dans l’histoire, ayant reçu la distinction en 1911 pour sa découverte du radium et du polonium, et ses recherches sur leurs propriétés. Bien avant cela, en 1903, elle avait été récompensée en physique, tandis que sa fille, Irène Joliot-Curie, et son époux Frédéric reçurent le prix Nobel de chimie en 1935 pour la synthèse de nouveaux éléments radioactifs.
Semaine de récompenses scientifiques
La remise des prix Nobel scientifiques de cette année a déjà consacré des avancées dans les domaines de la médecine, avec Mary E. Brunkow, Fred Ramsdell et Shimon Sakaguchi pour leurs recherches sur la tolérance immunitaire périphérique, et de la physique, pour John Clarke, Michel H. Devoret et John M. Martinis, récompensés pour leurs contributions à la mécanique.
Les annonces se poursuivent cette semaine : le lauréat du prix Nobel de littérature sera révélé jeudi, suivi par celui du prix Nobel de la paix vendredi.
Le dernier prix de cette série concerne les sciences économiques. Le nom du lauréat sera connu le lundi 13 octobre. Contrairement aux autres distinctions, ce prix n’était pas mentionné dans le testament d’Alfred Nobel. Décerné depuis 1969, il est officiellement appelé le Prix de la Banque de Suède et constitue le seul à être financé par la banque centrale suédoise.