Le rappeur français Booba est de nouveau dans le viseur de la justice. Après avoir été poursuivi pour harcèlement, il est désormais accusé d’avoir ciblé la compagne du rappeur congolais Gims. Cette nouvelle procédure s’ajoute à une série d’affaires judiciaires le concernant.
Selon des informations obtenues par l’AFP de source proche du dossier, Elie Yaffa, de son vrai nom, fait l’objet d’une plainte pour harcèlement moral en ligne. Les faits reprochés auraient causé une incapacité de travail supérieure à huit jours à la plaignante, Demdem, compagne de Gims. Ces actes sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende (environ 78 000 dollars).
Contacté par l’AFP, le parquet a confirmé cette mise en cause. Booba a par ailleurs reçu une interdiction formelle de contacter la plaignante. Les avocats de Booba, Marie Roumiantseva et Gilles Vercken, n’ont pour l’heure pas souhaité commenter la procédure.
Gims, dont l’état civil est Gandhi Djuna, et Demdem, Adja-Damba Dante, avaient déposé plainte en août dernier. Ils dénonçaient des faits de cyberharcèlement visant Demdem depuis 2018, qu’ils attribuent au rappeur. Le parquet a précisé que les plaignants reprochent à Booba des propos tenus en ligne ainsi que lors de concerts. La compagne de Gims s’est vue reconnaître une incapacité de travail de 10 jours suite à ces événements.
Booba a annoncé la fin de sa garde à vue sur le réseau social X ce vendredi. Il avait été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, mesure levée le lendemain en vue de sa présentation à une juge d’instruction. L’avocat des plaignants, Me David-Olivier Kaminski, s’est félicité de la rapidité d’action des forces de l’ordre. « Il est satisfaisant que la justice et la police aient démontré célérité et détermination pour interpeller M. Yaffa et faire cesser ses agissements », a-t-il déclaré.
« À ce jour, nous constatons que Booba fait l’objet de plusieurs procédures pour harcèlement contre de nombreuses victimes. Il est grand temps que ces actes toxiques et nuisibles cessent ! », a ajouté Me Kaminski, soulignant la répétition des agissements du rappeur.
Figure incontournable du rap francophone depuis les années 1990, Booba s’est notamment fait connaître ces dernières années pour sa croisade médiatique contre les influenceurs, qu’il surnomme « influvoleurs », dénonçant leurs pratiques commerciales jugées trompeuses.
Cette nouvelle affaire intervient alors que Booba est déjà poursuivi. Le 2 octobre 2023, il avait été mis en examen pour harcèlement moral en ligne aggravé à l’encontre de Magali Berdah, une influenceuse médiatique. Par ailleurs, le rappeur sera jugé le 3 décembre prochain pour injure raciste envers une journaliste et un essayiste, ainsi que pour cyberharcèlement aggravé dans le cadre de la procédure concernant la journaliste.