Publié le 7 février 2026 12:04:00. Le ministre iranien des Affaires étrangères a réaffirmé que l’enrichissement d’uranium ne sera pas négocié dans le cadre des discussions nucléaires avec les États-Unis, tout en maintenant que Téhéran continuera à développer son programme balistique.
- L’Iran refuse de limiter son programme d’enrichissement d’uranium, considérant cela comme un droit souverain.
- Le programme de missiles balistiques iranien est présenté comme non négociable, étant perçu comme un élément purement défensif.
- Les négociations nucléaires reprennent dans un contexte de crise économique et sociale profonde en Iran.
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a clairement indiqué que l’enrichissement d’uranium à un niveau déterminé par les besoins nationaux de l’Iran ne fait pas partie des discussions avec les États-Unis. Il a également précisé que l’uranium enriché resterait sur le territoire iranien.
« L’enrichissement à zéro pour cent est hors du champ des négociations. Le niveau d’enrichissement dépend de nos besoins, et l’uranium enrichi ne quittera pas l’Iran. »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Selon Araqchi, l’enrichissement de l’uranium est un droit inaliénable de l’Iran et doit se poursuivre, tout en soulignant la volonté de Téhéran de parvenir à un accord « rassurant » concernant son programme nucléaire. Il a également réaffirmé que l’industrie iranienne des missiles est une question strictement défensive et ne sera pas soumise à des négociations.
Ces déclarations interviennent après une reprise des pourparlers nucléaires à Mascate, Oman, sous l’égide américaine. Le président américain Donald Trump a qualifié de « très bonnes » les discussions de vendredi avec l’Iran et a estimé qu’un accord se concentrant uniquement sur le programme nucléaire iranien serait « acceptable ». Plus d’informations sur les déclarations de Donald Trump.
Washington exige de Téhéran qu’il limite son programme de missiles et qu’il modère son soutien à des groupes régionaux tels que le Hezbollah au Liban, le Hamas palestinien et les Houthis au Yémen, conditions préalables à la signature d’un accord global. En signe de fermeté, les États-Unis ont déployé le porte-avions USS Abraham Lincoln et son groupe aéronaval dans le golfe Persique.
Ces négociations se déroulent dans un contexte de crise profonde pour la République islamique. L’Iran est confronté à une grave crise économique, exacerbée par des troubles sociaux, la sécheresse la plus sévère depuis des décennies et des pénuries d’électricité et de gaz. Les manifestations qui ont débuté en décembre suite à la chute du rial iranien se sont transformées en un mouvement de contestation plus large appelant à la fin de la République islamique, et ont été réprimées avec violence. Téhéran chiffre le nombre de morts à 3 117, tandis que l’organisation d’opposition NOURRITURE, basée aux États-Unis, estime le bilan à 6 955 morts et fait état de plus de 11 600 décès possibles, ainsi que de 51 000 arrestations.
Le rapporteur spécial de l’ONU pour l’Iran, le Japonais Jamais Sato, a fait état de rapports médicaux iraniens évoquant 20 000 morts suite à la répression, mais les Nations Unies soulignent la difficulté de vérifier ces chiffres.