Le roi Charles III et la reine Camilla ont effectué une visite historique au Vatican, marquant un rapprochement notable entre la Couronne britannique et le Saint-Siège. Au cours de leur séjour, le souverain britannique a rencontré le pape Léon XIV et a été honoré de titres spéciaux lors d’une cérémonie dans l’une des basiliques catholiques les plus importantes de Rome.
La visite s’est déroulée dans un climat de dialogue œcuménique. L’archevêque anglican de York, Stephen Cottrell, a ainsi pris part à un service religieux dans la chapelle Sixtine, remplaçant Sarah Mullally, récemment désignée comme la première femme archevêque de Canterbury, un rôle qu’elle assumera l’année prochaine. Cette présence souligne l’évolution des relations entre l’Église catholique et la Communion anglicane, qui ont vu leurs liens se renforcer depuis les années 1960.
Le roi Charles III et la reine Camilla ont eu un entretien privé avec le pape Léon XIV avant de se rendre à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Dans ce lieu de dévotion majeur du catholicisme, le monarque britannique a reçu le titre de « confrère royal » pour l’abbaye connectée à la basilique. De plus, un siège spécial lui a été attribué dans l’abside, orné des armoiries royales et de la devise œcuménique « Ut unum sint » (Pour qu’ils soient un). Il s’agit d’une distinction destinée à l’avenir aux seuls monarques britanniques.
Ces gestes d’ouverture ont été salués par Mgr Anthony Ball, représentant anglican officiel auprès du Vatican. Il a souligné que ces honneurs « montrent l’engagement de nos deux Églises à travailler pour un avenir commun ». En retour, le palais de Buckingham a annoncé que le pape Léon XIV avait reçu deux distinctions britanniques : le titre de « confrère papal » de la chapelle Saint-Georges du château de Windsor et la croix de chevalier grand-croix de l’ordre du Bain.
Ces avancées dans les relations anglicano-catholiques s’inscrivent dans un contexte historique complexe. La scission entre l’Église catholique et l’Église d’Angleterre, officialisée en 1534, trouve ses racines dans le refus du pape Clément VII d’annuler le mariage du roi Henri VIII avec Catherine d’Aragon. Le désir du roi d’obtenir un héritier mâle, ainsi que des tensions autour des biens de l’Église et l’essor des idées protestantes, ont marqué cette rupture.
La période qui a suivi les règnes des filles d’Henri VIII, Marie I et Élisabeth I, fut témoin d’une instabilité religieuse, marquée par l’exécution de centaines de catholiques et de protestants. Aujourd’hui, malgré des différences théologiques persistantes, notamment sur l’ordination des femmes et le célibat des prêtres, l’Église catholique (1,4 milliard de fidèles) et la Communion anglicane (85 millions de fidèles répartis dans 165 pays) poursuivent un dialogue constructif.
Cette visite intervient alors que le prince Andrew, frère du roi Charles III, est confronté à une crise personnelle au Royaume-Uni en raison d’allégations d’abus et de ses liens avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein.