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Le spectacle de Bad Bunny à la mi-temps du Super Bowl met Trump en colère

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Publié le 9 février 2026 à 05h19. Le Super Bowl a été le théâtre d’une performance historique de Bad Bunny, qui a transformé la mi-temps en une célébration vibrante de la culture latino-américaine tout en affichant des messages politiques forts, suscitant une vive réaction de Donald Trump.

  • Bad Bunny a utilisé sa prestation pour mettre en avant la diversité des cultures latino-américaines et exprimer son soutien aux communautés immigrées.
  • L’ancien président américain Donald Trump a critiqué le spectacle, le qualifiant de « gifle » pour les États-Unis et déplorant qu’il se déroulât entièrement en espagnol.
  • La performance a déclenché un débat politique préalable, avec des critiques de la part de conservateurs et des soutiens de Bad Bunny saluant son engagement.

La scène du Super Bowl, événement sportif annuel majeur aux États-Unis, a pris des allures de grande fête latine le 8 février 2026 à Santa Clara, en Californie. Bad Bunny, l’artiste portoricain multi-récompensé, a offert une prestation spectaculaire qui a transcendé le simple divertissement pour devenir une déclaration culturelle et politique.

Dès le début de son spectacle, Bad Bunny a mis en scène une multitude de drapeaux, non seulement américain, mais aussi ceux de nombreux pays d’Amérique latine, soulignant ainsi la richesse et la diversité du continent. Il a ensuite brandi un ballon de football sur lequel était inscrit « Ensemble, nous sommes l’Amérique », tout en prononçant la phrase :

« Que Dieu bénisse l’Amérique. »

Bad Bunny

, avant d’énumérer une série de pays latino-américains. Un écran géant affichait en arrière-plan le message : « La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour. »

L’artiste n’a pas hésité à aborder des thèmes politiques dans sa musique, interprétant notamment « Lo que paso con Hawaii » (Qu’est-il arrivé à Hawaï), une chanson de son dernier album qui dénonce la mainmise culturelle des États-Unis sur Hawaï, qui est passée sous domination américaine en 1898, tout comme Porto Rico.

La prestation a immédiatement suscité une réaction virulente de Donald Trump, qui a utilisé sa plateforme Truth Social pour dénoncer le spectacle. Il l’a qualifié de « gifle » pour les États-Unis et a affirmé qu’il s’agissait de l’un des pires spectacles de la mi-temps qu’il ait jamais vus. Trump a également déploré le fait que l’intégralité de la performance se soit déroulée en espagnol :

« On ne comprend pas un mot ! »

Donald Trump

, a-t-il déclaré, après avoir déjà qualifié le choix de Bad Bunny comme tête d’affiche de « terrible ».

Ce spectacle n’était pas sans précédent. Bad Bunny avait déjà clairement exprimé son engagement politique et social. Il a récemment renoncé à donner des concerts aux États-Unis en signe de protestation contre les politiques d’expulsion menées par le gouvernement américain, notamment par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Lors de la cérémonie des Grammy Awards, il avait dédié son prix à toutes les personnes « qui ont dû quitter leur pays pour poursuivre leurs rêves ».

L’annonce de Bad Bunny comme tête d’affiche du Super Bowl avait déjà provoqué un tollé de la part de certains politiciens conservateurs et de groupes proches de Trump, qui l’accusaient d’être « anti-américain ». Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait même annoncé que sa famille regarderait un autre événement, organisé par l’organisation populiste de droite Turning Point USA, avec des artistes comme Kid Rock, un fervent partisan de Trump.

Le spectacle de Bad Bunny a été une véritable immersion dans la culture portoricaine. Des scènes de la vie quotidienne de l’île ont été recréées sur scène, avec des façades de maisons traditionnelles, des stands de nourriture et des plantations de canne à sucre. Des dizaines de danseurs et d’acrobates ont célébré l’histoire et le mode de vie de Porto Rico. Un moment particulièrement émouvant a été celui où Bad Bunny a remis l’un de ses Grammy Awards à un jeune garçon, suscitant une ovation du public.

La chanteuse Lady Gaga, qui avait déjà été la tête d’affiche de la mi-temps en 2017, a fait une apparition surprise, interprétant une version salsa de sa chanson « Die With a Smile » en duo avec Bad Bunny. Le chanteur portoricain Ricky Martin a également été invité à se joindre à la fête.

Bad Bunny, de son vrai nom Benito Antonio Martínez Ocasio, est actuellement l’artiste le plus écouté au monde, notamment sur le service de streaming Spotify. Sa musique est un mélange unique de reggaeton, de musique folk portoricaine, d’influences afro-caribéennes et de salsa. Il a remporté trois Grammy Awards le week-end précédent, dont celui de l’album de l’année pour « DeBÍ TiRAR MáS FOToS ».

La mi-temps du Super Bowl est traditionnellement considérée comme la scène de spectacle la plus prestigieuse de l’année, attirant plus de 100 millions de téléspectateurs rien qu’aux États-Unis. Les performances, souvent explosives, sont devenues un phénomène culturel à part entière, avec des légendes comme Michael Jackson, Beyoncé et Prince qui s’y sont produites par le passé. Le spectacle de 1993 de Jackson a marqué un tournant, passant des fanfares traditionnelles aux performances pop de haut niveau. Certains moments, comme le controversé « Nipplegate » de Janet Jackson et Justin Timberlake en 2004 ou l’interprétation mémorable de l’hymne national américain par Whitney Houston en 1991, sont restés gravés dans les mémoires.

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