Publié le 2025-10-04 11:45:00. Un mandat d’arrêt international vise un homme de 57 ans, suspecté d’avoir diffamé deux enseignants tchèques en leur attribuant des sympathies pro-russes, dans le but de leur faire perdre leur emploi. Les tentatives de le localiser en Belgique pour le juger se sont avérées vaines.
- Un mandat d’arrêt international a été émis par le tribunal de district de Klatovy à l’encontre d’un homme de 57 ans.
- L’accusé est soupçonné d’avoir diffusé de fausses informations sur le soutien à la Russie de deux enseignants, David et Anastasia Frant, dans le but de les faire renvoyer.
- Les autorités ont échoué à notifier l’accusé à son adresse de contact en Belgique, indiquant qu’il n’y réside plus.
L’affaire a connu plusieurs rebondissements judiciaires. Initialement condamné pour infraction pénale par une mesure de suspension, le jugement avait été annulé par le tribunal régional de Pilsen, qui avait renvoyé l’affaire pour réexamen. Ce dernier devait notamment évaluer si les actes de l’accusé atteignaient une gravité suffisante pour être considérés comme une infraction. En juin dernier, le tribunal de district avait requalifié les faits en infraction d’outrage à une autorité administrative, mais le procureur s’y était opposé, menant à une nouvelle annulation et à la nécessité de recréer l’acte d’accusation.
Selon les informations, l’accusé, identifié comme Chmelík, aurait envoyé des courriels à l’employeur des deux enseignants, alléguant qu’ils soutenaient la Russie et exigeant leur licenciement immédiat. La police a conclu à une fausse accusation et a mis en cause Chmelík pour diffamation. L’homme aurait justifié ses actions en affirmant avoir agi par « obligation civique », suite à des échanges d’opinions sur le conflit en Ukraine. Il aurait déduit de ces discussions que les enseignants relégitimaient l’invasion russe et remettaient en question le système démocratique tchèque.
Le procureur a toutefois souligné que Chmelík avait sorti des propos de leur contexte lors de ses échanges avec les enseignants pour donner l’impression qu’ils soutenaient la Russie dans le conflit, ce qui aurait motivé leur demande de licenciement. David et Anastasia Frant, enseignants à la Faculté des arts de l’Université d’Europe centrale occidentale, ont travaillé en étroite collaboration avec la fondation Slavonice Europe, créée en 2020. Ils ont contribué à la mise en place de modules d’enseignement de la langue slave pour les lycées. Après le début du conflit en Ukraine, ils souhaitaient maintenir une position académique neutre. Ils ont publiquement condamné la guerre et ont donné de leur temps pour enseigner aux réfugiés ukrainiens en République tchèque.
Le couple a refusé de signer une déclaration politique demandée par Chmelík, visant la démocratisation de la Russie et du Bélarus, ainsi que leur participation à des événements politiques liés à la guerre en Ukraine. Anastasia Frant a déclaré : « En tant qu’employés universitaires, nous avons jugé inapproprié de faire des déclarations politiques. Nous nous attendions à la compréhension de M. Chmelík, que j’avais auparavant considéré comme un homme décent et bon. Puis il a commencé à écrire à mon mari qu’il était un lâche, puis ses e-mails sont parvenus à l’école. » Elle a précisé que leur implication dans la fondation visait un soutien scientifique, et non politique. Elle a également mentionné avoir rejeté une invitation de Chmelík pour rencontrer des représentants du parti allemand CDU-CSU à Berlin, où elle aurait dû soutenir publiquement l’Ukraine en tant que représentante de la Fédération de Russie.
Les enseignants ont tenté d’expliquer leur position apolitique, précisant que certaines informations fournies dans le cadre de leur correspondance personnelle avaient été déformées. Le mouvement « Slavonice Europe » a été fondé en 2015 avec pour objectif de promouvoir la culture slave à l’échelle internationale. Son fondateur, David Chmelík, est fils d’émigrants tchèques, possède la double nationalité tchèque et allemande, et a occupé pendant plus de dix ans un poste au sein de la Commission européenne, à la Direction du budget. Le mouvement et la fondation sont enregistrés en Belgique.
Pour en savoir plus sur les intérêts pro-russes liés à des fondations : Une fondation liée au KSCM alimente des intérêts pro-russes à hauteur de dizaines de millions de couronnes, le mouvement « Stačilo » est également aidé.
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