Publié le 2025-11-01 16:36:00. Face à une pression internationale accrue et à la menace d’actions militaires américaines, le président vénézuélien Nicolas Maduro intensifie ses démarches pour renforcer ses capacités de défense. Il sollicite activement le soutien de la Russie, de la Chine et de l’Iran, tout en dénonçant les récentes frappes américaines en mer des Caraïbes.
- Le Venezuela demande à la Russie une aide pour moderniser ses radars, acquérir des lanceurs de missiles et obtenir un soutien logistique et financier.
- Des documents américains indiquent que Caracas cherche également à étendre sa coopération militaire avec la Chine et l’Iran, en particulier pour l’acquisition de drones et de systèmes de détection.
- Les États-Unis ont mené plusieurs frappes contre des navires suspectés de trafic de drogue au large des côtes vénézuéliennes et renforcent leur présence militaire dans les Caraïbes.
Selon un communiqué relayé par meduza.io, le Venezuela considère ses avions de combat russes Su-30 comme son « moyen de dissuasion le plus important face à la menace de guerre ». Dans une lettre adressée au président russe Vladimir Poutine, Nicolas Maduro aurait exprimé le souhait de moderniser cinq radars, d’acquérir 14 lanceurs de missiles, et de bénéficier d’un « soutien logistique », ainsi que d’un financement triennal de la part de la société d’État russe Rostech. Le Kremlin n’a pas commenté ces demandes.
Le Venezuela entretient des liens militaires historiques avec la Russie, remontant à l’époque du président Hugo Chávez (1999-2013), qui avait mené à l’achat de divers armements, dont des chars, des avions Su-30 et des missiles sol-air. Cependant, des analystes et des sources proches des forces armées vénézuéliennes, interrogés par le Washington Post, estiment que la majorité de ces équipements sont obsolètes ou en mauvais état de fonctionnement. Un ancien responsable vénézuélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a affirmé qu’en 2018, moins de cinq avions de combat russes étaient opérationnels. Il a qualifié de « ferraille » nombre des hélicoptères et missiles acquis auprès de la Russie.
Parallèlement à ses démarches auprès de Moscou, le président Maduro se tourne vers Pékin et Téhéran. Une lettre adressée au président chinois Xi Jinping ferait état d’une demande de « coopération militaire élargie » pour faire face à « l’escalade du conflit entre le Venezuela et les États-Unis ». Caracas souhaiterait également que la Chine accélère la production de systèmes radar. Des données américaines révèlent que le ministre vénézuélien des Communications, Ramon Celestino Valasquez, a coordonné récemment la livraison d’équipements militaires et de drones en provenance d’Iran. Il aurait exprimé le besoin d’« équipements de détection passive », de « brouilleurs GPS » et de « drones capables de voler jusqu’à 1 000 kilomètres ».
Ces demandes d’armement interviennent dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Depuis septembre, Washington a mené plus de dix frappes contre des navires présumés impliqués dans le trafic de drogue au large des côtes vénézuéliennes, entraînant la mort de 61 personnes, des accusations que Caracas réfute et pour lesquelles les autorités américaines n’ont pas fourni de preuves publiques. En outre, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans les Caraïbes avec le déploiement du porte-avions Gerald R. Ford, le plus grand et le plus moderne de leur marine.
Selon le Wall Street Journal, l’administration américaine aurait identifié de nouvelles cibles potentielles au Venezuela, visant des installations militaires présumées être utilisées pour le trafic de drogue, notamment des ports et des pistes d’atterrissage. Le journal évoque l’implication du cartel « Cartel de los Soles », que les États-Unis soupçonnent d’être dirigé par Nicolas Maduro.