Home International « Le Venezuela n’a pratiquement aucune importance » | Börsen-Zeitung

« Le Venezuela n’a pratiquement aucune importance » | Börsen-Zeitung

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Les marchés émergents, et en particulier le Brésil et le Mexique, affichent un potentiel de croissance significatif, porté par un dollar affaibli et une amélioration des conditions économiques internes. Selon James Syme, stratégiste chez JO Hambro, ces pays sont idéalement positionnés pour bénéficier d’un cycle économique favorable, malgré les tensions géopolitiques persistantes.

L’intervention américaine au Venezuela, bien que politiquement marquante, n’a pas eu d’impact direct sur les bourses latino-américaines. « Le Venezuela n’a pratiquement aucune importance du côté des actions : il n’existe pratiquement aucune action vénézuélienne investissable et le pays est exclu des principaux indices boursiers », explique M. Syme. Il anticipe que le pays fonctionnera davantage comme un exportateur de matières premières, dépendant des importations de produits manufacturés.

Au-delà de la situation vénézuélienne, l’évolution des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine est un facteur clé. Si un nombre croissant de pays, à l’exception du Brésil et de Cuba, semblent afficher une certaine sympathie envers l’administration américaine, l’impact économique se manifeste principalement à travers des canaux précis : la politique commerciale, les flux de capitaux et la valeur du dollar. « Pour les pays émergents, ce sont là les mécanismes de transmission cruciaux », souligne le stratège.

M. Syme observe une tendance à l’action unilatérale et transactionnelle des grandes puissances, ce qui augmente les risques pour les marchés, sans pour autant garantir des rendements plus élevés. Cependant, il nuance cette observation en précisant que les mesures protectionnistes, comme les droits de douane, peuvent être motivées politiquement sans avoir d’effets macroéconomiques majeurs, comme cela a été le cas au Brésil. « Un déclencheur politique, mais un effet macro globalement minime attendu en raison des exceptions et de la réorientation des exportations », précise-t-il.

L’optimisme de M. Syme repose sur la faiblesse actuelle du dollar, qui encourage les investisseurs à diversifier leurs portefeuilles et à se tourner vers les marchés émergents. Cette tendance se traduit par des flux de capitaux entrants et une hausse des prix de l’or, bénéficiant notamment au Mexique et au Pérou. Historiquement, les périodes de faiblesse du dollar ont coïncidé avec les meilleures performances des marchés émergents, et cette tendance semble se confirmer. Par ailleurs, l’inflation ralentit dans de nombreux pays émergents, les taux d’intérêt restent relativement élevés, et les banques centrales disposent d’une marge de manœuvre pour soutenir la croissance.

Le Brésil, qui a vu sa bourse gagner plus de 40 % l’année dernière malgré les droits de douane américains, illustre ce potentiel. Les droits de douane sont perçus comme principalement motivés par des considérations politiques et devraient avoir un impact économique limité, car les principaux secteurs d’exportation sont exemptés et le Brésil peut rediriger ses exportations vers d’autres marchés, notamment la Chine. « Nos perspectives pour les actions brésiliennes restent positives », affirme M. Syme.

Le Mexique, malgré les différends commerciaux avec les États-Unis, affiche également de bons résultats. M. Syme insiste sur le fait que les conditions financières globales, en particulier l’évolution du dollar et les mesures de relance monétaire, sont souvent plus déterminantes que les facteurs politiques. Il considère le Mexique comme l’un des « pays emprunteurs » les mieux positionnés, car le renforcement de sa monnaie et la baisse de l’inflation permettent aux banques centrales de réduire les taux d’intérêt, créant un environnement favorable aux actions.

En conclusion, le Brésil et le Mexique sont les pays d’Amérique latine les plus susceptibles de bénéficier de la conjoncture actuelle. Cependant, M. Syme met en garde contre les risques liés à une action de plus en plus unilatérale des grandes puissances, qui rappelle les tensions géopolitiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Il estime que les marchés latino-américains sont désormais plus exposés à d’éventuelles interventions américaines.

À retenir

  • Le Brésil et le Mexique sont les marchés émergents latino-américains les plus prometteurs.
  • La faiblesse du dollar et l’amélioration des conditions économiques internes sont des facteurs clés de cette performance.
  • Les tensions géopolitiques et l’action unilatérale des grandes puissances représentent des risques à surveiller.

Contexte

Les marchés émergents ont connu des périodes de forte croissance et de volatilité au cours des dernières décennies, souvent liées aux fluctuations des taux de change, des prix des matières premières et des politiques monétaires des grandes puissances. L’Amérique latine, en particulier, a été confrontée à des défis politiques et économiques importants, mais offre également un potentiel de croissance considérable.

Ce qui change

L’évolution des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, ainsi que la politique commerciale américaine, pourraient avoir un impact significatif sur les marchés émergents de la région. La faiblesse du dollar et l’amélioration des conditions économiques internes pourraient stimuler la croissance, mais les risques géopolitiques persistent.

Prochaines étapes

Il sera important de surveiller l’évolution du dollar, les politiques monétaires des banques centrales des marchés émergents, ainsi que les tensions géopolitiques et les interventions américaines potentielles. Les prochaines élections dans certains pays d’Amérique latine pourraient également avoir un impact sur les marchés.

Chiffres clés

  • Croissance de la bourse brésilienne (2023) : +40 %

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