Publié le 16 février 2024 10:49:00. Lors d’un forum de discussion sur la politique étrangère, des échanges vifs ont opposé la Première ministre estonienne Kaja Kallas à un parlementaire américain, tandis que le ministre polonais des Affaires étrangères Radosław Sikorski a mis à mal les arguments d’un vice-Premier ministre tchèque sur le fonctionnement de l’Union européenne.
- Kaja Kallas a critiqué l’approche américaine en matière d’alliances internationales, soulignant le rôle crucial des alliés dans la sécurité mondiale.
- Elle a également dénoncé le « Conseil pour la paix » proposé par Donald Trump au Moyen-Orient, le jugeant inégalitaire.
- Radosław Sikorski a contredit les accusations de Petr Macinka concernant le manque de démocratie au sein de l’Union européenne.
La Première ministre estonienne Kaja Kallas n’a pas hésité à remettre en question l’attitude des États-Unis envers leurs alliés lors d’un panel de discussion. Elle a souligné que, contrairement à la Russie qui se retrouve souvent isolée en cas de conflit, les États-Unis peuvent compter sur le soutien de leurs partenaires. Elle a déclaré, sous les applaudissements de l’assistance :
« Quand, par exemple, la Russie entre en guerre, elle y va seule parce qu’elle n’a pas d’alliés ; quand l’Amérique entre en guerre, alors, vous savez, beaucoup d’entre nous partent avec vous, et nous perdons notre peuple en chemin. Cela signifie que vous avez également besoin que nous soyons cette superpuissance. »
Kaja Kallas, Première ministre estonienne
Kallas a également exprimé son désaccord avec le « Conseil pour la paix » proposé par l’ancien président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, estimant qu’il ne garantissait pas un traitement équitable de tous les pays. Elle a expliqué que cette différence d’approche reflétait une vision divergente du monde. Un moment insolite a marqué la discussion : le parlementaire américain Mike Waltz a offert à l’assistance une casquette de baseball bleue portant l’inscription « Make the UN Great Again », que Kallas a simplement prise et posée sur la table, sans exprimer de remerciement.
Parallèlement, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a vivement débattu avec le vice-Premier ministre tchèque Petr Macinka sur le fonctionnement de l’Union européenne. Macinka, représentant le Parti populiste des automobilistes, a critiqué l’UE en la jugeant insuffisamment démocratique et déconnectée des citoyens. Sikorski a rétorqué que le Parlement européen est élu au suffrage universel direct et que les commissaires européens sont nommés par des gouvernements démocratiquement élus.
L’échange a atteint son point culminant lorsque Sikorski a rappelé à Macinka que, tout comme les commissaires européens, les ministres tchèques ne sont pas directement élus par le peuple. Sous le regard amusé de l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, Macinka a fini par reconnaître, à voix basse :
« Je ne dis pas que ce n’est pas un système démocratique. »
Petr Macinka, vice-Premier ministre tchèque
Ces échanges, qui se sont déroulés lors d’un forum sur la politique étrangère, illustrent les tensions et les divergences d’opinions qui persistent entre les alliés occidentaux sur des questions cruciales telles que la sécurité internationale et la gouvernance européenne.