Publié le 21 octobre 2025, 07:20:00. Un auteur nord-irlandais déplore l’ostracisme dont seraient victimes les artistes sympathisant avec Israël dans le milieu culturel. David Ireland, scénariste de la série d’ITV « Coldwater », compare cette situation à une forme de « traitement nazi » et y voit un écho des tensions vécues dans son Irlande du Nord natale.
- David Ireland, auteur nord-irlandais, affirme que les créatifs ayant une affinité pour Israël sont marginalisés dans le monde artistique.
- Il établit un parallèle entre le sentiment d’isolement ressenti par certains en Irlande du Nord et celui d’Israël, qualifiant cela de « sentiment de siège ».
- Ireland travaille actuellement sur une pièce explorant la perception de la situation israélo-palestinienne à travers le prisme de l’Irlande du Nord.
« On nous traite fondamentalement comme des nazis », a déclaré David Ireland, soulignant la difficulté d’aborder le conflit israélo-palestinien dans le milieu artistique. Pour lui, la situation actuelle rend « impossible » pour certains professionnels des arts de s’exprimer ouvertement sur le sujet. L’auteur, connu pour le thriller policier « Coldwater » et la pièce « The Fifth Step », met en lumière une sensibilité particulière au sein des communautés unionistes d’Irlande du Nord envers Israël, qu’il attribue à un « sentiment de siège » et d’incompréhension mondiale, associé à un esprit de défi.
« Le monde entier ressemble à l’Irlande du Nord », estime David Ireland, qui travaille sur une nouvelle pièce traitant du Moyen-Orient vue depuis l’Irlande du Nord. Cette inspiration lui est venue lors d’une conversation avec une amie londonienne, juive, qui s’étonnait de l’affinité que manifestent certains Protestants unionistes d’Irlande du Nord pour Israël. Ce lien, souvent symbolisé par le flottement de drapeaux israéliens dans les zones unionistes, contraste avec la présence fréquente de drapeaux palestiniens dans les régions nationalistes. L’auteur rappelle l’importance, durant son enfance en Irlande du Nord, de ne pas aborder les sujets « qui fâchent » comme la religion ou la politique, tant les divisions étaient vives. Il retrouve aujourd’hui une atmosphère mondialisée qui lui rappelle cette période.

David Ireland garde le souvenir des drapeaux israéliens à Belfast dans sa jeunesse, une attitude qu’il attribue en partie à l’influence de son beau-père, fervent pro-israélien et philosemite, et à l’apprentissage de l’Holocauste et de la fondation d’Israël. Bien qu’il réside désormais en Écosse, il confie ressentir un malaise lorsqu’il se trouve en dehors de certaines régions d’Irlande du Nord, y compris à Glasgow. Il se dit plus serein dans les zones traditionnellement loyalistes, comme la Newtownards Road à Belfast, malgré le caractère potentiellement dangereux de ces lieux. Cette anxiété ressentie à l’étranger contraste avec un sentiment de sécurité dans ces quartiers de son enfance.
Interrogé sur l’impact des images du conflit actuel sur sa perception d’Israël, David Ireland avoue avoir cessé de suivre l’actualité : « J’ai arrêté de regarder les informations ». Il réitère sa critique de l’industrie artistique, où « la moindre sympathie pour Israël » peut vous faire qualifier de « nazi ». « C’est donc une chose difficile à aborder », reconnaît-il, tout en affirmant qu’il est souvent en désaccord avec ses confrères du monde artistique. Sa pièce « The Fifth Step » sera diffusée dans les cinémas d’Irlande du Nord le 27 novembre dans le cadre du National Theatre Live.