Publié le 2025-10-28 18:15:00. Les marchés boursiers mondiaux ont frôlé leurs plus hauts historiques ce mardi, portés par un regain d’optimisme sur le front commercial sino-américain, tandis que les investisseurs attendent avec impatience les annonces des banques centrales et les résultats d’entreprises.
- Les actions mondiales s’approchent de niveaux records.
- L’attention se tourne vers les annonces des banques centrales cette semaine.
- Les résultats des grandes entreprises sont scrutés.
Alors que les marchés mondiaux ont atteint de nouveaux sommets intrajournaliers, les investisseurs semblent privilégier le risque, encouragés par des signes d’apaisement des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Cette envolée intervient à la veille d’une semaine cruciale marquée par les décisions de politique monétaire de plusieurs banques centrales majeures, dont la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque du Japon (BoJ) et la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés digèrent également la dernière vague de résultats d’entreprises, qui ont, pour l’heure, largement dépassé les attentes.
La Fed, dont la réunion est attendue avec une anticipation particulière ce mercredi, devrait selon toute vraisemblance procéder à une nouvelle baisse de ses taux d’intérêt. Les données de l’outil FedWatch du CME indiquent une probabilité de 96,7 % pour une réduction de 25 points de base. Cette perspective, couplée à l’amélioration des relations commerciales entre Washington et Pékin, a stimulé l’appétit pour le risque, maintenant les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans à des niveaux proches de leurs plus bas d’il y a plusieurs mois. De plus, la fermeture actuelle des administrations fédérales américaines a réduit le flux de données économiques, limitant ainsi les éléments d’analyse pour les investisseurs.
UN « RALLYE PERSISTANT » SUR LES ACTIFS À RISQUE
Dans ce contexte, la volatilité est restée remarquablement basse, un phénomène jugé surprenant compte tenu des incertitudes actuelles. « Il s’agit d’une sorte de rallye persistant des actifs à risque », a commenté Subadra Rajappa, responsable de la stratégie taux chez Société Générale à New York. Elle souligne une conjonction favorable pour les marchés, notamment la réunion de la Fed qui devrait mener à des rendements plus bas, des conditions financières plus souples, une inflation maîtrisée et un marché du travail toujours solide.
L’annonce par ADP d’une augmentation moyenne de 14 250 emplois dans le secteur privé aux États-Unis sur les quatre semaines précédant le 11 octobre a constitué l’une des rares données économiques récentes disponibles. Parallèlement, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon devraient maintenir le statu quo sur leurs taux directeurs lors de leurs réunions respectives cette semaine.
LE DOW JONES EN TÊTE DES INDICES AMÉRICAINS
À Wall Street, la tendance est positive en début de séance. Le Dow Jones caracole en tête des principaux indices, soutenu notamment par une hausse d’environ 4 % de Sherwin-Williams. Le fabricant de peintures et revêtements a annoncé des bénéfices trimestriels supérieurs aux attentes.
La moyenne industrielle Dow Jones (.DJI) a progressé de 281,40 points, soit 0,59 %, pour atteindre 47 826,92 points. Le S&P 500 (.SPX) a, quant à lui, gagné 6,05 points (0,09 %) à 6 881,21 points, tandis que le Nasdaq Composite (.IXIC) a avancé de 50,84 points (0,22 %) pour s’établir à 23 688,29 points.
Ces gains interviennent alors que le président américain Donald Trump doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping ce jeudi. L’ordre du jour de leur sommet pourrait poser les bases d’un accord visant à mettre fin aux tarifs douaniers américains et aux restrictions chinoises sur les exportations de terres rares, allégeant ainsi les craintes d’une guerre commerciale prolongée.
Les investisseurs attendent par ailleurs avec attention les résultats des géants de la technologie, les « Magnificent Seven ». Microsoft (MSFT.O), Alphabet (GOOGL.O), Apple (AAPL.O), Amazon (AMZN.O) et Meta Platforms (META.O) publieront leurs chiffres cette semaine. Il s’agira de vérifier si ces performances justifient leurs valorisations élevées.
PLUS DE QUATRE ENTREPRISES DU S&P 500 SUR CINQ DÉPASSENT LES ESPÉRANCES
Sur les 180 sociétés du S&P 500 ayant déjà communiqué leurs résultats, 86,7 % ont dépassé les prévisions des analystes, selon les données de LSEG.
L’indice MSCI des actions mondiales (.MIWD00000PUS) a pris 0,40 point, soit 0,04 %, pour s’établir à 1 012,88 points, après avoir atteint un sommet intraday à 1 013,60 points. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 (.FTEU3) a, lui, cédé 3,19 points, soit 0,14 %.
Le rendement des obligations américaines à 10 ans a légèrement diminué, s’établissant à 3,993 % contre 3,997 % lundi soir. Le rendement des obligations à 2 ans, plus sensible aux anticipations de la Fed, a avancé de 0,3 point de base à 3,498 %.
L’indice du dollar, qui mesure la vigueur du billet vert face à un panier de devises, a reculé de 0,08 % à 98,69, tandis que l’euro gagnait 0,14 % à 1,1659 dollar. Face au yen, le dollar s’est affaibli de 0,58 % à 151,99 yens, suite à des commentaires du ministre japonais et du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent ayant dissipé certaines craintes d’une politique budgétaire et monétaire plus expansionniste de la part de Tokyo. La livre sterling a, de son côté, perdu 0,49 % pour s’échanger à 1,3268 dollar.
Sur le marché des matières premières, le pétrole brut américain a chuté de 1,6 % à 60,33 dollars le baril, et le Brent a reculé de 1,6 % à 64,56 dollars le baril. Cette troisième séance consécutive de baisse intervient alors que les marchés évaluent l’impact des sanctions américaines sur les deux plus grandes compagnies pétrolières russes, ainsi qu’un projet potentiel de l’OPEP+ d’augmenter sa production.
Reportage de Chuck Mikolajczak ; contributions de Samuel Indyk à Londres et Wayne Cole à Sydney ; mise en page par Joe Bavier et Bernadette Baum.
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