Publié le 9 février 2026 19h36. L’influence grandissante du président américain Donald Trump suscite une profonde inquiétude parmi les alliés traditionnels des États-Unis, qui envisagent désormais de renforcer leur autonomie militaire et économique face à une perception de Washington comme partenaire de moins en moins fiable.
- Les alliés des États-Unis considèrent les relations transatlantiques comme étant à leur point le plus critique depuis des décennies.
- Un rapport commandé par le Sommet de Munich sur la sécurité révèle une perte de confiance envers la fiabilité des États-Unis.
- Les nations européennes se préparent à une coopération accrue entre elles, indépendamment du soutien américain.
La confiance dans les États-Unis, pilier traditionnel de la sécurité occidentale, s’érode rapidement. Un rapport publié à la veille du Sommet de Munich sur la sécurité met en lumière une inquiétude grandissante parmi les alliés européens face à la politique de plus en plus assertive du président Donald Trump durant sa seconde année de mandat. Wolfgang Ischinger, président de la conférence, souligne dans l’introduction du document que la compréhension commune des principes fondateurs de l’ordre international, autrefois assurée par la puissance américaine, est désormais incertaine.
« Depuis des générations, les alliés des États-Unis peuvent non seulement compter sur la puissance américaine, mais aussi sur une compréhension commune des principes sur lesquels repose l’ordre international. »
Wolfgang Ischinger, président de la conférence de Munich sur la sécurité
Cette défiance trouve son origine dans les déclarations et les actions de l’administration Trump. L’année précédente, le discours du vice-président J.D. Vance lors du Sommet de Munich avait déjà provoqué une onde de choc en Europe, avec des critiques acerbes envers la classe politique européenne, accusée de « supprimer la liberté d’expression » et de faciliter l’immigration. Le rapport actuel décrit une situation où le président Trump privilégie une approche de « démolition » plutôt que de réforme, remettant en question les fondements de la coopération internationale.
Les conséquences de cette nouvelle orientation se font déjà sentir. L’administration Trump a exercé des pressions sur l’Ukraine, exigeant des concessions et adoptant des positions parfois proches de celles du Kremlin. Des tarifs douaniers ont été imposés, menaçant de déstabiliser le commerce international. L’OTAN est fragilisée par les remises en question américaines, et l’opération militaire surprise visant à capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro a suscité l’indignation. Les pressions américaines sur l’Ukraine et les tensions au sein de l’OTAN illustrent cette nouvelle donne.
Le rapport de Munich avertit d’un possible basculement vers un monde dominé par des accords transactionnels, des intérêts particuliers et des sphères d’influence régionales, au détriment des normes universelles. Une enquête menée auprès des participants au sommet révèle que les Européens perçoivent une division croissante au sein de l’Occident et se montrent de plus en plus disposés à agir de manière autonome.
Les auteurs du rapport appellent à une rupture avec les approches traditionnelles, jugées inefficaces face à cette nouvelle réalité. Ils exhortent les alliés occidentaux à « fortifier les structures essentielles, concevoir de nouveaux mécanismes plus durables et devenir des bâtisseurs courageux ». L’enjeu est de taille : « Tout est en jeu », concluent-ils.
L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a rejeté les conclusions du rapport, assurant que l’administration Trump ne souhaite pas la fin de l’Alliance atlantique, mais cherche simplement à rééquilibrer la répartition des dépenses de défense entre les alliés. Selon lui, cité par The Guardian, l’objectif est de « rendre l’OTAN plus forte, non pas pour l’abandonner ou la rejeter, mais pour la faire fonctionner comme prévu, en tant qu’alliance de 32 alliés forts et capables ».