Le FBI intensifie la lutte contre l’espionnage et la cybercriminalité, avec une augmentation significative des arrestations signalée par le directeur de l’agence. La Chine, la Russie et l’Iran sont particulièrement ciblés par ces opérations.
Le directeur du FBI, Kash Patel, a révélé le 15 octobre une nette recrudescence des efforts de l’agence visant à déjouer les activités d’espionnage orchestrées par des puissances étrangères hostiles. Cette offensive se traduit par une hausse notable des interpellations, pouvant atteindre 50 % dans certains cas. Ces opérations ciblent spécifiquement les agissements de la Chine, de la Russie et de l’Iran, considérés comme des adversaires majeurs.
« Nous avons pris pour cible les activités d’espionnage dirigées contre nos principaux homologues en Chine, en Russie et en Iran », a déclaré M. Patel lors d’une conférence de presse. Il a précisé que pour la seule Chine, les arrestations et poursuites pour espionnage ont connu une augmentation de plus de 50 %. L’Iran a également vu une hausse de 50 % des cas d’espionnage, tandis que la Russie a enregistré une augmentation de 33 % dans ce même domaine.
Plusieurs affaires récentes illustrent cette intensification. Le 12 octobre, Ashley Tellis, employée du Département d’État, a été arrêtée pour avoir dissimulé des informations classifiées et rencontré des responsables du régime chinois. Plus tôt dans l’année, en mars, Michael Schena, un ancien fonctionnaire du Département d’État, a été interpellé avant d’être condamné le 4 septembre pour conspiration en vue de recueillir et de transmettre des informations relatives à la défense nationale aux autorités chinoises.
En août, deux ressortissants chinois ont été appréhendés pour trafic de puces d’intelligence artificielle sensibles, soumises à des contrôles à l’exportation, vers la Chine. En juin, deux autres citoyens chinois ont été arrêtés pour des accusations d’espionnage au profit des services de renseignement chinois. Par ailleurs, en septembre, un ressortissant arménien a été inculpé pour conspiration en vue d’exporter des biens et des informations susceptibles d’aider à la fabrication de semi-conducteurs destinés à la Russie. Le 6 août, Taylor Adam Lee, un soldat en service actif, a été arrêté pour tentative de transmission d’informations de défense nationale à la Russie.
L’Iran n’est pas en reste. En mars, deux ressortissants iraniens ont été accusés de complot visant à fournir des drones et à blanchir de l’argent pour le CGRI, une organisation terroriste étrangère désignée.
Au-delà de l’espionnage, le FBI met également l’accent sur la lutte contre la cybercriminalité. M. Patel a fait état de 125 affaires de contre-terrorisme traitées cette année, contre 100 l’année précédente. Il a souligné l’essor croissant des entreprises spécialisées dans la cybercriminalité.
« Cette année, nous avons déjà procédé à 52 arrestations. Cinquante-deux cybercriminels violents qui s’attaquent aux personnes âgées, qui bafouent les droits et libertés de nos enfants, et qui exploitent les citoyens américains ordinaires », a-t-il affirmé. Les forces de l’ordre américaines, en collaboration avec leurs homologues britanniques, ont par ailleurs annoncé le 14 octobre la saisie de 15 milliards de dollars en bitcoins auprès d’un réseau de cyberarnaque basé au Cambodge. Il s’agit de la plus importante saisie de monnaie numérique jamais réalisée par les autorités américaines.
Chen Zhi et son conglomérat Prince Group auraient été impliqués dans une fraude électronique massive et un complot de blanchiment d’argent, opérant via au moins dix complexes frauduleux de travail forcé répartis à travers le Cambodge. Ce réseau aurait également étendu ses activités à l’échelle mondiale, avec une branche basée à Brooklyn, responsable du blanchiment de millions de dollars dérobés à plus de 250 victimes aux États-Unis, selon le ministère de la Justice.