Publié le 8 novembre 2025 à 16h39. Les routes de la Manche sont le théâtre d’une augmentation alarmante des collisions avec le gibier, engendrant des conséquences humaines et matérielles parfois dramatiques. Face à ce phénomène récurrent, les experts appellent à la prudence, particulièrement à l’automne.
- Près de 40 000 accidents impliquant des animaux sauvages de grande taille surviennent chaque année en France, entraînant environ 50 morts et 120 blessés graves.
- Dans la Manche, les accidents dus aux sangliers ont triplé en un an, passant de 24 à 78 signalements début 2025.
- Un choc avec un cerf à 60 km/h équivaut à une force de près de cinq tonnes, expliquant la gravité fréquente des dégâts matériels.
Les campagnes françaises, y compris celles de la Manche, voient leur réseau routier perturbé par la présence accrue de gibier tel que sangliers, chevreuils et cerfs. Les faits divers relatent régulièrement des collisions entre automobilistes, motards, cyclistes et ces animaux sauvages. Ce phénomène s’intensifie particulièrement au lever et au coucher du soleil, périodes où le gibier est le plus actif, avec un pic notable en automne. Cette saison coïncide avec les périodes de chasse, le rut, mais aussi une augmentation du trafic routier due à la rentrée scolaire et aux conditions de luminosité réduites.
Les conséquences de ces accidents sont lourdes, tant sur le plan humain que matériel. Au niveau national, on dénombre environ 110 collisions quotidiennes avec de grands animaux sauvages. Dans la Manche, la Fédération des chasseurs rapporte une multiplication par trois des accidents impliquant des sangliers en un an. Les zones les plus touchées, comme le sud du département, la vallée de la Sélune, le Val de Saire et les marais de Carentan, sont favorisées par la présence de leur habitat naturel. Les dégâts matériels peuvent varier de simples bosses à la destruction totale du véhicule, la force de l’impact augmentant considérablement avec la vitesse. Éric Poutas, carrossier à Cherbourg, témoigne des coûts élevés des réparations, souvent déroutants pour les clients même avec une prise en charge partielle par leur assurance.
Face à un animal surgissant sur la chaussée, le réflexe d’éviter l’obstacle par un coup de volant brutal peut s’avérer plus dangereux encore. Selon Sébastien Cantrel, responsable du garage Viel à Cherbourg-Octeville, une telle manœuvre risque de projeter le véhicule dans la voie opposée, dans un fossé ou contre un obstacle fixe, engendrant des dommages considérables. Il recommande plutôt de maintenir le cap et de freiner en ligne droite, soulignant qu’un sanglier peut en annoncer d’autres. Il cite l’exemple de sa fille, qui a subi pour près de 8 000 € de réparations après avoir percuté trois marcassins, tandis qu’un automobiliste circulant en sens inverse a fini sur le toit après avoir heurté la mère.