Publié le 18 février 2024 05:23:00. L’usage du terme « génocide » pour décrire le conflit israélo-palestinien suscite une vive polémique, notamment en raison de l’engagement de personnalités publiques qui semblent ignorer les nuances et les faits établis sur le terrain.
- Les combats à Gaza ont largement cessé, les otages ont été libérés et les flux d’aide sont suivis de près.
- Des analyses indépendantes ont révélé des manipulations de chiffres concernant les victimes par le Hamas.
- L’activisme de célébrités se concentre de manière disproportionnée sur la situation à Gaza, occultant d’autres conflits majeurs.
Alors que le conflit à Gaza semble entrer dans une phase de désescalade, avec la libération des otages et une diminution des offensives à grande échelle, un débat passionné persiste quant à la qualification des événements. Le terme « génocide », autrefois réservé aux atrocités les plus graves de l’histoire, est désormais employé avec une facilité déconcertante, notamment par des figures publiques.
Les chiffres ont été scrutés, révisés et analysés. Des experts indépendants ont mis en évidence des manipulations de données concernant le nombre de victimes civiles par le Hamas, ainsi que des déformations d’informations rapportées. Même les agences internationales ont discrètement ajusté leurs évaluations. Pourtant, le mot « génocide » continue de résonner, prononcé sans hésitation par des célébrités.
Récemment, des acteurs de renom tels que Javier Bardem et Tilda Swinton ont rejoint des dizaines d’autres signataires de lettres condamnant Israël, invoquant le génocide, la famine et la punition collective. Ce terme, « génocide », est lourd de sens. Il évoque le Rwanda, l’Holocauste, l’Arménie – des exterminations délibérées, et non une guerre contre un groupe armé qui a envahi, assassiné, violé, kidnappé et juré de répéter ses attaques.
Si Israël avait réellement l’intention de commettre un génocide, la durée de ce conflit aurait été bien plus courte. Quelques semaines auraient suffi, et non des années de combats. L’activisme de ces célébrités, s’il était véritablement motivé par la souffrance humanitaire, se serait manifesté bien avant, et de manière plus équitable.
Où étaient les lettres ouvertes lors du massacre en Syrie ? Où étaient les condamnations sur le tapis rouge pendant la famine au Yémen ? Où étaient les pétitions coordonnées lorsque des villages ont été massacrés au Nigeria ? Il semble qu’une catastrophe ne suscite l’attention des célébrités que lorsque des Juifs sont impliqués. Ce n’est pas de la compassion, mais une obsession, un schéma que l’histoire connaît déjà.
Il est difficile de trouver des signatures de ces mêmes célébrités condamnant le Hamas pour ses crimes : meurtres, viols utilisés comme arme de guerre, enlèvements de civils, torture, agressions sexuelles, utilisation d’hôpitaux et d’écoles comme boucliers humains. Leur indignation semble univoque. Il ne s’agit pas de responsabilité partagée, mais d’une condamnation sélective.
Parallèlement, les définitions mêmes ont été étirées. Des organisations internationales ont abaissé les seuils techniques de famine afin de faciliter l’application de l’expression « famine causée par l’homme », malgré les convois d’aide documentés entrant à Gaza et les problèmes de distribution liés à l’ingérence du Hamas et aux difficultés logistiques. L’aide affluait, mais le récit prévalait.
Les pertes civiles ont été tragiques, indéniablement. Mais elles ne constituent pas une preuve d’extermination. Une fois qu’une étiquette comme « génocide » ou « famine » prend de l’ampleur, elle devient un instrument politique, que les célébrités semblent désireuses d’utiliser.
La guerre urbaine est brutale, les civils souffrent et des erreurs se produisent. C’est l’horreur du combat contre un ennemi qui s’intègre délibérément au sein de sa propre population. Mais il existe une différence fondamentale entre une tragédie et un génocide, entre une guerre et une extermination, entre propagande et preuve.
Le brouillard s’est dissipé, les faits sont plus clairs, et pourtant le discours reste enflammé. À un certain point, l’ignorance se transforme en quelque chose de plus sombre, surtout lorsqu’Israël est diabolisé de manière unique, tandis que des conflits bien plus sanglants passent inaperçus.
Une lettre ouverte
Voici donc ma lettre aux 88 signataires :
« Le récit de guerre que vous avez adopté a mal vieilli. Les slogans que vous avez répétés étaient construits sur une base de distorsion. La certitude morale que vous avez projetée semble désormais imprudente. Vous n’êtes plus courageux. Vous n’êtes plus informés. Vous n’êtes plus pertinents. Vous avez pris les applaudissements pour la droiture et vous avez pris la mode pour la justice. Et ce faisant, vous avez banalisé les véritables génocides tout en donnant de la crédibilité à la propagande. Le reste d’entre nous traitera des faits. Vous pouvez conserver vos lettres. Et… vous pouvez partir. »
Harry Katcher, écrivain et éditeur
Harry Katcher est un écrivain et éditeur basé à Salt Lake City, Utah, États-Unis. Il écrit sur Israël, le Moyen-Orient et les défis de clarté morale dans le discours moderne.