Publié le 2025-10-31 15:49:00. Le roi Charles III a pris une décision historique en retirant le titre de prince à son frère Andrew. Cette mesure, saluée par une partie de l’opinion publique, pourrait toutefois ne pas suffire à dissiper définitivement les ombres qui pèsent sur le duc d’York et à apaiser les attentes du Parlement concernant la supervision de la monarchie.
- Le prince Andrew est déchu de son titre, une première depuis 1919.
- Il sera exilé du domaine royal et s’installera à Sandringham, propriété du roi.
- Cette décision intervient après des années de scandales liés à Jeffrey Epstein.
La presse britannique a largement réagi à la décision du monarque, le Daily Mirror titrant sobrement « Enfin ! », tandis que The Sun ironise avec « Andrew, autrefois appelé prince ». L’annonce a suscité des applaudissements spontanés de la part du public présent lors de l’enregistrement d’une émission de la BBC jeudi soir. La secrétaire d’État à la Culture, Lisa Nandy, a qualifié cette démarche de « courageuse, importante et juste ». Le journal The Sun a ajouté : « Le roi a agi avec détermination et fermeté en l’expulsant de la Loge Royale. Sa Majesté et le prince William ne pouvaient supporter de voir la famille royale subir davantage de préjudice. »
Les scandales entourant le prince Andrew sont principalement liés à ses fréquentations et à ses liens avec le pédophile américain Jeffrey Epstein. Depuis 2011, des accusations d’exploitation sexuelle, notamment lorsqu’elle avait 17 ans, pèsent sur le second fils d’Elizabeth II. Bien qu’Andrew ait toujours nié ces allégations, elles ont refait surface avec force ces derniers jours, notamment suite à la publication des mémoires posthumes de Virginia Giuffre, qui détaille ses accusations. De nouvelles révélations embarrassantes ont émergé, même après sa démission de son titre de duc d’York le 17 octobre, révélant qu’il avait accueilli chez lui Jeffrey Epstein, sa complice Ghislaine Maxwell, et l’ancien producteur Harvey Weinstein pour célébrer l’anniversaire de sa fille aînée en 2006.
Malgré les éloges, la décision de la monarchie est jugée tardive par beaucoup. Une source du palais de Buckingham a cependant précisé que cette mesure avait nécessité « des conseils juridiques et constitutionnels spécialisés ». L’historien John Dimbleby, ami du souverain, a estimé dans la BBC que Charles III devait ressentir un « certain soulagement » après avoir suivi la procédure appropriée.
En pratique, Andrew, qui reste huitième dans l’ordre de succession au trône, s’installera sur le domaine de Sandringham, dans le comté de Norfolk. Cette propriété privée du roi continuera d’être financée par ce dernier. La date exacte de son déménagement reste inconnue, mais les médias britanniques sont déjà massés devant sa résidence.
L’objectif du roi est de tourner la page et d’éloigner ce membre « toxique » de la famille royale. Cependant, plusieurs questions demeurent en suspens. Selon Andrew Lownie, biographe du duc, ce dernier est loin d’être tiré d’affaire et pourrait même faire face à des poursuites judiciaires. La police de Londres enquêterait sur des informations selon lesquelles le prince Andrew aurait demandé à un agent de sécurité de rechercher des informations sur Virginia Giuffre dans le but de la discréditer. Par ailleurs, un groupe anti-monarchie, République, a mandaté des avocats pour étudier la possibilité d’une enquête. La députée Rachael Maskell, qui a présenté un projet de loi visant à permettre au roi ou à une commission parlementaire de retirer des titres de noblesse, a insisté sur la nécessité de maintenir la pression sur la monarchie. « Je pense que le monde a changé et que nous devons demander des comptes à la monarchie par tous les moyens possibles », a-t-elle déclaré.