Publié le 8 février 2026 01:25:00. Alors que les élections approchent, une enquête révèle que plusieurs candidats au Parlement andin (PA) au Pérou présentent des antécédents judiciaires, des enquêtes fiscales en cours ou des liens controversés, soulevant des questions sur l’intégrité de cette institution et son rôle réel dans l’intégration régionale.
- Les cinq parlementaires andins représentant le Pérou ont dépensé environ 205 000 dollars américains (USD) en voyages, hôtels et repas entre 2021 et 2025.
- Plusieurs candidats présentent des casiers judiciaires, des enquêtes fiscales ou des liens avec des affaires de corruption.
- Le PA, censé proposer des normes d’intégration andine, n’a jusqu’à présent eu aucun impact concret sur la législation péruvienne.
Le Parlement andin (PA), une institution souvent méconnue des Péruviens, est devenu un lieu d’attraction pour des profils douteux, attirés par les salaires confortables et les avantages offerts. Une enquête de Perú21 révèle que plusieurs candidats aux élections d’avril prochain cumulent des problèmes judiciaires et des conflits d’intérêts, remettant en question la légitimité de cette assemblée régionale.
Officiellement, le PA a pour mission de proposer et de débattre des normes visant à renforcer l’intégration andine. Cependant, ses propositions ne sont pas contraignantes et, jusqu’à présent, aucune n’a été intégrée dans la législation péruvienne. Cette situation alimente le scepticisme quant à l’efficacité réelle de l’institution.
Entre 2021 et 2025, les cinq parlementaires andins représentant le Pérou ont accumulé des dépenses de près de 205 000 USD en voyages, hôtels et repas. À cela s’ajoutent les 15 600 dollars (USD) de rémunération mensuelle perçus par chaque parlementaire, ainsi que l’assurance médicale et d’autres avantages.
PROFILES SOUS LOUPE
L’examen des profils des candidats par Perú21 a mis en lumière des figures connues de la politique nationale, mais aussi des surprises désagréables. Parmi eux, Rosselli Amuruz, députée d’Avanza País, candidate au PA sous le numéro 1 de son parti. Elle fait l’objet de plusieurs enquêtes. En juillet 2024, le Bureau du Procureur général l’a dénoncée constitutionnellement pour usage abusif de sa position, après avoir embauché des proches de son mari dans son bureau. Au cours du premier semestre de la même année, elle a effectué quatre voyages à l’étranger, financés par les fonds publics, pour un coût total de 14 390 USD, comprenant les billets d’avion, l’hébergement et les repas. Par ailleurs, sa demi-sœur, Rochel Amuruz, l’a accusée en février 2024 de falsification de documents pour s’approprier l’héritage de leur père.
Du côté de Pérou Libre, Julián Fernando Palacín Gutiérrez, ancien président de l’Indecopi sous le gouvernement de Pedro Castillo, est candidat avec le numéro 1. Il avait été contraint de quitter son poste en mars 2023 après qu’un rapport technique a révélé qu’il n’avait pas rempli les conditions minimales pour l’occuper. Avec le numéro 6, Cecilia del Carmen Prado Vilca est également candidate. En janvier 2024, elle a été mentionnée dans les médias en raison de la présence répétée d’un camion lui appartenant près du bâtiment de Ventanilla perquisitionné dans le cadre de la recherche du chef de file de Pérou Libre, Vladimir Cerrón, suscitant des soupçons quant à son implication dans l’affaire.
Fuerza Popular présente Raúl Renzo Navarro Maurtua, ancien ami du candidat à la présidence Georges Forsyth, avec le numéro 1. En janvier 2021, le parquet de Lima a ouvert une enquête préliminaire à son encontre pour des négociations présumées incompatibles, après avoir reçu plusieurs contrats d’une valeur supérieure à 107 000 soles péruviennes (PEN) alors qu’il n’avait ni diplôme ni expérience en gestion publique. Des informations ont également révélé un lien commercial étroit entre les deux hommes, notamment la possession de véhicules de luxe acquis grâce à une entreprise de sécurité qu’ils avaient fondée ensemble.
LISTE NOIRE
L’Alliance pour le progrès (APP) est également sous le feu des critiques avec sa candidate Claudia Vanesa Fuentes Lozano (numéro 2). Ancienne chef de cabinet de l’ancien ministre de la Santé César Vásquez, elle a été impliquée dans des embauches irrégulières et aurait travaillé simultanément dans plusieurs entités publiques, ce qui est interdit par la loi, tout en percevant des salaires élevés et sans répondre aux exigences techniques.
Podemos n’est pas en reste. Le parti de José Luna Gálvez présente José Arriola Tueros (numéro 1), député actuel, qui fait l’objet d’une enquête pour réduction des salaires de ses employés – une pratique connue sous le nom de « mochassalidos ». Il est également soupçonné d’être membre du groupe « Los Ninos », lié au putschiste Pedro Castillo. Une perquisition à son domicile en mars 2023 a permis de saisir de l’argent et d’autres objets. Des enregistrements audio compromettants entre Arriola et Auner Vásquez, alors chef du Cabinet technique de la présidence, ont également été diffusés, révélant des discussions sur la manipulation de liasses de billets.
Guido Mamani Ccallaccasi, également candidat de Podemos (numéro 3), a été condamné pour violence contre les femmes et a payé une amende équivalant à 626 jours de salaire. Néstor Luis Ramírez Salvador, candidat de Foi au Pérou (numéro 1), a quant à lui été condamné pour « danger commun » et a été contraint d’effectuer des travaux d’intérêt général. Richard Michael Hidalgo Moreno, candidat d’Ensemble pour le Pérou (numéro 5), a été arrêté en novembre 2025 lors d’une manifestation contre le projet Anillo Vial à San Juan de Lurigancho.
Enfin, Percy Juan Aparicio Soria, candidat du Parti Vert (numéro 1), a vu son école, Samael, condamnée à une amende de 50 UIT en 2012 pour avoir dispensé un enseignement sans autorisation.
Avec un tel bilan, ces candidats semblent plus préoccupés par leur propre intérêt que par la représentation du Pérou à l’étranger. Leur accorderez-vous votre confiance ?