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Les cellules CAR T télécommandées offrent un traitement anticancéreux plus sûr

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Publié le 20 février 2026 04:49:00. Des chercheurs ont mis au point une nouvelle génération de cellules CAR-T, une thérapie immunitaire prometteuse contre le cancer, qui peut être activée et désactivée à la demande grâce à un médicament déjà utilisé en clinique, ouvrant la voie à des traitements plus sûrs et plus efficaces.

  • Une nouvelle cellule CAR-T, baptisée DROP-CAR, peut être contrôlée à l’aide du vénétoclax, un médicament anticancéreux existant.
  • Ce système permet d’éviter les effets secondaires graves liés à l’activation incontrôlée des cellules CAR-T, notamment l’attaque de cellules saines.
  • La technologie pourrait élargir l’application de la thérapie CAR-T à davantage de patients et de types de cancer, y compris les tumeurs solides, qui résistent actuellement à ce traitement.

La thérapie par cellules CAR-T (Chimeric Antigen Receptor T-cell therapy), qui consiste à modifier les cellules immunitaires du patient pour qu’elles ciblent et détruisent les cellules cancéreuses, a déjà révolutionné le traitement des leucémies et autres cancers du sang. Cependant, son application aux tumeurs solides s’est avérée difficile, et les effets secondaires potentiellement mortels liés à une activation excessive des cellules CAR-T constituent un frein majeur à son développement.

Pour surmonter ces obstacles, une équipe de chercheurs du Ludwig Lausanne et de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a conçu une cellule CAR-T innovante, capable d’être « éteinte » rapidement et en toute sécurité. Leurs travaux, publiés dans le dernier numéro de la revue Nature Chemical Biology, démontrent l’efficacité et la contrôlabilité de cette nouvelle approche dans des modèles murins de cancer. Consulter l’article original.

« Notre travail introduit une méthode simple et cliniquement réaliste pour réduire de manière réversible l’activation des cellules CAR-T en utilisant comme télécommande un médicament anticancéreux, le vénétoclax, qui est déjà utilisé en clinique comme traitement du cancer », explique Melita Irving, l’une des principales chercheuses.

« La télécommande ne déclenche pas l’autodestruction des cellules CAR-T, comme beaucoup d’autres ont relevé ce défi, mais les incite simplement à se désengager et à s’éloigner de leurs cibles cancéreuses. Cette capacité pourrait aider les cliniciens à mieux moduler l’administration de la thérapie CAR-T et peut-être permettre son application à davantage de patients et de types de cancer. »

Melita Irving, chercheuse

Les cellules CAR classiques sont équipées d’un récepteur protéique qui permet au lymphocyte T modifié de reconnaître les cellules cancéreuses. Ce récepteur est généralement dérivé d’un antigène, un fragment de liaison d’une molécule d’anticorps, conçu pour cibler une cellule spécifique avec une grande précision. Lorsque le récepteur détecte sa cible, il déclenche une cascade de signaux à l’intérieur de la cellule T, activant ainsi sa capacité à détruire les cellules cancéreuses.

Les chercheurs ont précédemment développé une méthode pour contrôler l’activité des cellules CAR-T en séparant la chaîne de signalisation interne du récepteur et en utilisant le vénétoclax pour la réactiver. Leur nouvelle approche, basée sur la technologie DROP-CAR (PPI CAR with Drug-Regulated Switch), place l’interrupteur à l’extérieur de la cellule. Le composant de signalisation du CAR est lié à une bandelette de protéines qui porte un domaine conçu par ordinateur, dmLD3, capable de se lier avec une grande affinité à une protéine appelée BCL-2. L’anticorps détectant le cancer, quant à lui, porte un fragment de BCL-2 reconnu par dmLD3.

Cette interaction protéine-protéine maintient le CAR intact et fonctionnel jusqu’à ce que le vénétoclax perturbe cette liaison. À ce moment-là, les domaines dmLD3 et BCL-2 se séparent, désactivant les cellules CAR-T. Lorsque le vénétoclax est retiré, le CAR se réassemble et les cellules CAR-T reprennent leur activité anticancéreuse.

« Contrairement aux conceptions CAR contrôlables précédentes, notre système utilise uniquement des composants protéiques humains et un médicament non immunosuppresseur cliniquement approuvé pour perturber directement la liaison des cellules tumorales par les cellules CAR-T », souligne Greta Maria Paola Giordano Attianese, une autre chercheuse impliquée dans l’étude.

« Parce que le commutateur agit au niveau du contact cellule-cellule plutôt qu’à l’intérieur de la cellule, par exemple en bloquant la signalisation, en dégradant les composants du CAR ou en induisant la mort cellulaire, il offre un profil de sécurité amélioré et permet le contrôle des cellules CAR-T sans nécessiter leur sacrifice, les préservant ainsi pour un traitement continu. »

Greta Maria Paola Giordano Attianese, chercheuse

La capacité à contrôler l’activité des lymphocytes CAR-T pourrait également atténuer le phénomène d’« épuisement » des lymphocytes T, qui limite l’efficacité de nombreuses immunothérapies. L’épuisement se produit lorsque les cellules T sont constamment stimulées dans un environnement immunosuppresseur, les rendant incapables de tuer les cellules cancéreuses. Des études ont montré que des périodes de repos entre les cycles de ciblage actif des tumeurs peuvent inverser cet épuisement et améliorer l’efficacité des cellules CAR-T. Les cellules DROP-CAR-T sont particulièrement bien adaptées à cette stratégie.

Étant donné que le vénétoclax est déjà approuvé pour le traitement du cancer, les chercheurs estiment que leur système CAR-T est particulièrement prometteur pour une évaluation clinique rapide. Plus d’informations sur l’Institut Ludwig pour la recherche sur le cancer.

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