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Les cellules immunitaires sont essentielles au renforcement de l’immunothérapie contre le cancer

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Publié le 2025-10-31 17:27:00. Des chercheurs de la Mayo Clinic ont découvert une piste prometteuse pour renforcer les immunothérapies anticancéreuses en ciblant des cellules immunitaires clés. Ces travaux ouvrent la voie à de nouveaux essais cliniques visant à améliorer l’efficacité des traitements actuels.

Deux équipes de recherche indépendantes au sein de la Mayo Clinic ont identifié le rôle crucial des cellules immunitaires dites de « premiers intervenants », notamment les cellules myéloïdes et leurs sous-types comme les macrophages. Ces cellules, longtemps considérées comme de simples facilitateurs, s’avèrent pouvoir être manipulées pour optimiser la réponse des lymphocytes T, les véritables tueurs de cellules cancéreuses, face aux thérapies standards.

Les conclusions de ces recherches, publiées dans le Journal for Immunotherapy of Cancer et iScience, suggèrent qu’une meilleure gestion de ces cellules myéloïdes pourrait significativement amplifier l’efficacité de certaines immunothérapies dites de « points de contrôle immunitaire ». Ces traitements, bien que déjà établis pour plusieurs types de cancers, présentent parfois des limites en termes de durabilité des effets. Un essai clinique explorant cette nouvelle approche est d’ailleurs en cours de développement à la Mayo Clinic.

L’une des équipes, dirigée par le Dr Haidong Dong, a exploré les mécanismes derrière l’efficacité limitée de certaines immunothérapies ciblant les protéines PD-1 et PD-L1. Ces protéines, lorsqu’elles sont activées, freinent l’action anticancéreuse des lymphocytes T. Bien que les traitements visent à bloquer la protéine PD-L1, les chercheurs ont découvert qu’elle pouvait être recyclée par les cellules, lui permettant de rester active et de continuer à inhiber les défenses immunitaires.

« Notre étude a révélé l’importance du processus de recyclage et nous présentons un moyen d’y remédier. »

Haidong Dong, MD, Ph.D., chercheur en immunologie du cancer au Centre de cancérologie complet de la Mayo Clinic

Pour contrer ce phénomène, l’équipe a développé un anticorps expérimental, baptisé H1A. Ce composé vise à réduire la présence de PD-L1 au sein des cellules myéloïdes et à entraver son recyclage. En bloquant ce cycle, la protéine PD-L1 est moins susceptible de désactiver les lymphocytes T, permettant ainsi une activation plus franche des cellules immunitaires antitumorales.

« Nous disposons désormais d’un outil capable d’éliminer complètement PD-L1 et, ce faisant, nous obtenons davantage d’activation des cellules myéloïdes. L’identification de la cellule myéloïde était une découverte inattendue. »

Michelle Hsu, auteur principal de l’étude

Parallèlement, une seconde équipe de la Mayo Clinic, menée par la Dr Jessica Lancaster, a adopté une approche différente basée sur la microscopie de cellules vivantes chez la souris. Cette méthode a révélé une interaction étroite entre les lymphocytes T et les macrophages, un type de cellule myéloïde. Cette collaboration entre ces différentes cellules immunitaires créerait un environnement moléculaire propice à l’élimination des tumeurs.

« Il s’agit d’un changement de paradigme pour l’immunothérapie PD-L1, traditionnellement axée sur l’interaction de la tumeur et des lymphocytes T. Nous avons constaté qu’il est important de coopter le macrophage, qui agit comme un autre partenaire des cellules immunitaires. »

Dr Lancaster

L’étude menée par Tina Kwok, autre auteur principal, souligne qu’il est possible de « reprogrammer » les macrophages présents dans le microenvironnement tumoral pour les rendre plus inflammatoires. Ces macrophages ainsi modifiés deviendraient de meilleurs activateurs des lymphocytes T, conduisant à un meilleur contrôle de la tumeur et potentiellement à une prévention de la résistance au traitement.

« Nous pouvons directement reprogrammer les macrophages tumoraux pour qu’ils soient plus pro-inflammatoires. Ils peuvent devenir de meilleurs activateurs de lymphocytes T et conduire à un meilleur contrôle de la tumeur. La reprogrammation du macrophage peut être essentielle pour pouvoir prévenir la résistance au traitement et modifier les résultats pour les patients. »

Tina Kwok

Ces découvertes convergentes des deux laboratoires ont mené à la planification d’un essai clinique de phase 1 pour tester l’efficacité de l’anticorps H1A. À terme, cette recherche pourrait offrir de nouvelles armes pour lutter contre la résistance aux immunothérapies et élargir les options thérapeutiques pour les patients atteints de cancer.

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