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Les clés de la première réunion du Peace Board de Trump

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Publié le 20 février 2026. Donald Trump s’apprête à lancer officiellement son « Conseil de la paix », une initiative controversée visant à trouver des solutions aux conflits internationaux, en commençant par la situation complexe à Gaza. La réunion inaugurale, prévue à Washington, se déroule dans un contexte de critiques et d’interrogations quant à la légitimité et à l’efficacité de cette nouvelle structure.

  • Donald Trump a invité plus de 60 pays à rejoindre son « Conseil de la paix », mais l’adhésion européenne reste limitée.
  • L’ordre du jour de la première réunion porte sur l’avenir de la bande de Gaza et la collecte de fonds pour sa reconstruction, avec une promesse initiale de 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros).
  • La structure du Conseil, centrée sur la figure de Trump et son pouvoir décisionnel, suscite des inquiétudes quant à son caractère antidémocratique et à son potentiel de marginalisation des institutions internationales existantes.

Un mois après la signature de sa charte à Davos, en Suisse, Donald Trump franchit une nouvelle étape avec la tenue de la réunion inaugurale de son « Conseil de la paix » à Washington DC. L’initiative, qui ambitionne de jouer un rôle majeur dans la résolution des conflits à travers le monde, se concentre initialement sur la situation à Gaza, où un cessez-le-feu fragile est en place entre le Hamas et Israël.

La réunion du 19 février 2026 devrait être consacrée à l’avenir de la bande de Gaza au-delà de ce fragile armistice. Un enjeu majeur sera la mobilisation de fonds pour la reconstruction du territoire dévasté et la fourniture d’une aide humanitaire d’urgence. Trump a déjà annoncé que les membres du Conseil se sont engagés à débloquer un total de 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros) à cette fin.

Cependant, l’adhésion au « Conseil de la paix » est loin d’être unanime. Sur les plus de 60 pays invités, seulement 27 ont pour l’instant confirmé leur participation. L’Europe se montre particulièrement réticente : seule une poignée de nations, à savoir la Bulgarie, la Hongrie, l’Albanie et le Kosovo, ont rejoint l’initiative. D’autres, comme l’Italie, Chypre, la Grèce et la Roumanie, se contenteront d’un statut d’observateur, sans pouvoir de décision. L’Union européenne, quant à elle, a exprimé des réserves quant à certains aspects de la charte du Conseil.

Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a été invitée à participer, mais a choisi d’envoyer Dubravka Šuica, commissaire européenne pour la Méditerranée. Un porte-parole de l’UE a expliqué que plusieurs questions subsistent concernant le statut du Conseil. De nombreux pays ont rejeté l’invitation pour des raisons similaires.

La France s’est également dite préoccupée par le risque que le « Conseil de la paix » ne vienne empiéter sur les prérogatives des Nations Unies. L’organisme a été approuvé en novembre 2025 par le Conseil de sécurité de l’ONU, avec un mandat limité à la promotion de la paix à Gaza.

Selon Max Rodenbeck, directeur du projet Israël et Palestine chez Crisis Group,

« Je pense que de nombreux membres de l’ONU ont été horrifiés par la guerre à Gaza et voulaient l’arrêter par tous les moyens possibles. »

Il souligne que les États-Unis ont promis d’être efficaces grâce à leurs liens étroits avec Israël.

Bien que Trump n’ait pas affirmé vouloir supplanter l’ONU, il a déclaré que son objectif était de promouvoir la « paix mondiale », une mission qui, selon lui, correspond à celle du Conseil de sécurité de l’ONU.

La charte fondatrice du « Conseil de la paix » ne mentionne pas spécifiquement Gaza, mais affiche une ambition plus large de résoudre les conflits à l’échelle mondiale. Jason Isaacson, de l’American Jewish Committee, se dit favorable à cette approche, estimant que

« Peut-être que cela obtiendrait un plus grand succès que ce que nous avons vu dans d’autres modèles de résolution de conflits sur lesquels nous nous sommes appuyés et qui ont parfois été déçus pendant des années. »

La structure du « Conseil de la paix » est toutefois source d’inquiétudes. Donald Trump en est le seul président et représente son pays. Sous son autorité, le Conseil est composé d’États membres, qui décident du budget et négocient les décisions communes. Un Conseil exécutif, composé de sept personnes sélectionnées par Trump – dont le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, son gendre, Jared Kushner, et son envoyé spécial pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff – est chargé de mettre en œuvre ces décisions.

Trump dispose de pouvoirs considérables, notamment celui d’inviter de nouveaux membres, d’opposer son veto aux décisions et de créer ou dissoudre des entités subsidiaires. Il ne peut être remplacé que par démission volontaire ou incapacité. Rodenbeck observe que

« Trump pourrait se retirer de la présidence des États-Unis et continuer à diriger le Conseil de la paix et même désigner son propre successeur. »

Il considère que cette structure, dominée par les États-Unis, « n’est pas la forme d’une organisation internationale dotée d’une légitimité démocratique ».

Le cessez-le-feu à Gaza, négocié par les États-Unis depuis octobre 2025, reste fragile. Les attaques et les affrontements continuent de faire des victimes civiles. Israël insiste sur des conditions de sécurité strictes et exige que le Hamas désarme avant tout accord de paix à long terme, tout en maintenant les contrôles militaires et frontaliers qu’il juge nécessaires. Le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens, quant à eux, réclament la fin définitive des hostilités, le retrait de la présence militaire israélienne, la levée du blocus et des garanties pour la reconstruction et l’accès humanitaire.

L’avenir du « Conseil de la paix » de Trump dépendra largement de ses prochaines actions : les résultats de la réunion de jeudi, son approche des défis complexes à Gaza et sa capacité à obtenir des avancées concrètes.

(rml/ms)

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