Publié le 29 octobre 2025. L’organisme de surveillance des dépenses publiques britanniques a demandé des explications sur le bail du Royal Lodge, résidence du prince Andrew, soulevant des questions sur la justification d’un loyer symbolique et la gestion du patrimoine immobilier de la Couronne.
Le Comité des comptes publics (PAC) du Parlement britannique a adressé une correspondance au Trésor et au Crown Estate, l’entité gérant les actifs de la Couronne, afin d’obtenir des éclaircissements sur les conditions du bail du Royal Lodge accordé au prince Andrew. Cette démarche fait suite à des préoccupations exprimées quant à la pertinence financière du logement du duc d’York, désormais considéré comme une charge publique du fait de sa renonciation à ses fonctions royales et des controverses qui l’entourent.
Le prince Andrew occupe le Royal Lodge, un manoir de 30 pièces à Windsor, depuis 2003 dans le cadre d’un bail de 75 ans. L’accord initial comprenait un versement de 1 million de livres sterling (environ 1,1 million d’euros) et 7,5 millions de livres sterling (environ 8,8 millions d’euros) pour des rénovations. Il y réside actuellement avec son ex-épouse, Sarah Ferguson.
Le terme « loyer au poivre » (peppercorn rent) désigne un loyer symbolique, techniquement requis pour valider un bail, mais dont le montant est minime, souvent 1£ par an. Dans la pratique, cela équivaut à une absence de paiement de loyer par le locataire.
Dans une lettre publiée mercredi, Sir Geoffrey Clifton-Brown, président du PAC, a souligné l’intérêt public marqué pour les dépenses liées au prince Andrew, accentué par le fait qu’il n’exerce plus de fonctions royales officielles et par les sérieuses allégations qui pèsent contre lui, notamment en lien avec le défunt financier Jeffrey Epstein.
« Il existe un intérêt public considérable et compréhensible pour les dépenses publiques liées au prince Andrew, qui découle en partie du fait qu’il n’est plus un membre royal en activité et des allégations sérieuses et inquiétantes portées contre lui. »
Sir Geoffrey Clifton-Brown, président du Comité des comptes publics
Le prince Andrew a renoncé à ses titres royaux suite aux accusations d’agression sexuelle formulées par Virginia Giuffre, qu’il a toujours fermement contestées. Parallèlement, des discussions seraient en cours entre les représentants du roi Charles III et le prince Andrew concernant un éventuel départ volontaire du Royal Lodge, dans un contexte de nouvelles controverses.
Sir Geoffrey Clifton-Brown a rappelé que le Crown Estate a le devoir de gérer ses biens « en recherchant le meilleur prix ou la meilleure valeur qui, à leur avis, puisse être raisonnablement obtenue ». Il a ajouté :
« Nous nous inquiétons donc de savoir si les modalités de location du Royal Lodge, à la lumière des récents développements et des changements dans les responsabilités du prince Andrew, permettent d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix. Ils doivent également être justifiables par rapport à d’autres options d’utilisation ou de disposition du bien. Le comité s’inquiète également du fait que les termes du bail, y compris ceux relatifs à l’entretien, soient effectivement appliqués pour maintenir la valeur et le caractère de cette résidence royale d’importance nationale. »
Sir Geoffrey Clifton-Brown, président du Comité des comptes publics
Le Comité des comptes publics attend une réponse du Trésor et du Crown Estate d’ici le 28 novembre. Une audition publique pourrait être organisée en fonction des explications fournies.
Pour en savoir plus sur les implications de ce dossier, consultez notre analyse :
- Où le prince Andrew pourrait-il déménager s’il quittait Royal Lodge ?
- Pas de solution simple au problème du prince Andrew et de Royal Lodge
