Les taxis autonomes, initialement présentés comme l’avenir de la mobilité urbaine, se heurtent à la réalité des rues californiennes. Multiples incidents, de la simple immobilisation à des situations potentiellement dangereuses, remettent en question la fiabilité de cette technologie en plein déploiement.
À San Francisco et Los Angeles, les « robotaxis » ne sont plus confinés à des phases de test. Ils circulent désormais en continu, transportant des passagers et s’intégrant au trafic quotidien. Waymo, la société issue des recherches de Google sur la conduite autonome, déploie à grande échelle ses véhicules sans chauffeur, notamment dans les quartiers centraux des deux villes.
Cette présence accrue transforme l’espace urbain en un véritable laboratoire à ciel ouvert. Les interactions entre piétons, automobilistes et véhicules automatisés se multiplient, souvent sans intervention humaine directe. Ce changement de paradigme repose sur la capacité de ces systèmes à anticiper des situations complexes dans un environnement imprévisible.
Cependant, ces derniers mois ont été marqués par une série d’incidents qui soulèvent des interrogations sur la fiabilité des robotaxis. À Los Angeles, un individu est parvenu à se faufiler dans le coffre d’un véhicule laissé ouvert et s’y est retrouvé bloqué, une scène capturée en vidéo et largement diffusée sur les réseaux sociaux. Les médias, comme le Los Angeles Times, ont souligné l’incapacité du robotaxi à détecter la présence humaine dans une zone critique.
À San Francisco, d’autres images témoignent de dysfonctionnements. Plusieurs véhicules se sont retrouvés bloqués face à face dans des rues étroites, incapables de résoudre seuls des problèmes de circulation simples, selon la chaîne locale KTVU. Des passants ont également été aperçus encerclant des véhicules à l’arrêt, certains montant même sur les carrosseries, comme l’a rapporté ABC7.
Les passagers ne sont pas non plus à l’abri. Un usager a raconté avoir failli être impliqué dans un accident lorsque son robotaxi s’est engagé brusquement sur une voie prioritaire. Un conducteur humain a dû réagir rapidement pour éviter une collision, laissant le passager impuissant.
Ces incidents suscitent des réactions vives de la part des habitants, des passagers et des autorités. Dans certains quartiers de San Francisco, les riverains dénoncent des blocages répétés, des embouteillages inattendus et un sentiment de perte de contrôle sur leur environnement. Les services de secours s’inquiètent également et adaptent progressivement leurs protocoles pour faire face à des véhicules sans conducteur ni interlocuteur immédiat.
Les experts en mobilité considèrent souvent ces incidents comme des étapes inévitables dans le processus d’apprentissage automatique. Chaque dysfonctionnement permettrait d’améliorer les systèmes et d’optimiser la flotte. Toutefois, cette logique d’amélioration continue implique une acceptation implicite des erreurs par la population, qui se retrouve ainsi exposée aux aléas d’une technologie encore en phase de développement.
Alors que les taxis autonomes s’installent durablement dans le paysage californien, la question dépasse désormais les simples performances techniques. Elle touche à la confiance collective, à la responsabilité en cas de défaillance et à la place que la société est prête à accorder à des machines décisionnaires dans l’espace public.