Publié le 26 février 2026 à 19h20. L’éphémère aventure d’Eric Ramsay sur le banc de West Bromwich Albion a pris fin après seulement 44 jours et neuf matchs sans victoire, illustrant une fois de plus l’instabilité qui règne au deuxième échelon du football anglais.
- Eric Ramsay a été limogé de son poste d’entraîneur de West Bromwich Albion le 24 février 2026, après une série de neuf matchs sans victoire.
- Son éviction souligne la fréquence des changements d’entraîneur en Championship, avec 11 entraîneurs limogés ou ayant démissionné depuis le début de la saison 2025-2026.
- Le cas Ramsay relance le débat sur l’adaptation des entraîneurs issus de la Major League Soccer (MLS) au football européen.
Le passage éclair d’Eric Ramsay par West Bromwich Albion confirme une tendance bien connue dans le football anglais : la patience est une denrée rare pour les entraîneurs, surtout dans les divisions inférieures. Nommé en janvier 2026, l’ancien entraîneur de Minnesota United n’a pas réussi à redresser la situation du club, qui lutte pour se maintenir en Championship. Un match nul 1-1 à domicile contre Charlton Athletic, le 24 février, a scellé son sort. L’assistant entraîneur, Dennis Lawrence, a également quitté le club.
Ramsay est le onzième entraîneur à quitter son poste en Championship depuis le début de la saison 2025-2026, un chiffre qui s’élève à douze si l’on inclut le transfert de Rob Edwards aux Wolves. Un niveau en dessous, en League One, on a enregistré neuf changements similaires, tandis que la League Two en a compté sept. Comme Ramsay lui-même l’avait souligné l’année précédente,
« licencier des entraîneurs est un peu un sport national. »
Eric Ramsay
Son limogeage a suscité une discussion particulière, notamment relayée par Charlie Austin, un attaquant vétéran ayant évolué à West Bromwich Albion, qui s’est interrogé sur les motivations des clubs à recruter des entraîneurs issus de la MLS.
« Je pense que les gens ont regardé Ted Lasso et se sont emballés, si je suis honnête. »
Charlie Austin, attaquant
Il a notamment critiqué le manque de compréhension du football anglais par ces entraîneurs.
Bien que ni Wilfried Nancy ni Eric Ramsay ne soient américains, le débat porte sur l’adaptation des méthodes et des philosophies issues de la MLS au contexte européen. Ramsay, né en Angleterre et élevé au Pays de Galles, a débuté sa carrière d’entraîneur dans les équipes de jeunes de Swansea City et de Chelsea avant de rejoindre Manchester United en 2021, où il a travaillé sous la direction d’Ole Gunnar Solskjær, Ralf Rangnick et Erik ten Hag. Ses compétences linguistiques ont notamment facilité l’intégration de Casemiro, certains le décrivant comme une « arme secrète » pour le club.
Wilfried Nancy, quant à lui, est né au Havre et a joué en France pendant une décennie avant de s’installer au Québec en 2005 et de lancer sa carrière d’entraîneur. Il a mené le CF Montréal à sa meilleure performance depuis le départ de Didier Drogba et a ensuite guidé Columbus Crew vers une impressionnante victoire en MLS. Cependant, son passage au Celtic a été bref, avec seulement deux victoires en huit matchs et un total de 33 jours à la tête de l’équipe.
Leurs parcours sont différents, mais Nancy et Ramsay sont désormais associés dans l’esprit de beaucoup comme deux entraîneurs de la MLS qui n’ont pas réussi à s’imposer de l’autre côté de l’Atlantique. La question est de savoir si cela est dû à un manque de préparation, à des attentes irréalistes ou à des différences fondamentales dans les philosophies du jeu.
Contrairement aux ligues écossaises ou anglaises, la MLS offre une plus grande marge de manœuvre aux entraîneurs grâce à son calendrier particulier et à la relative parité entre les équipes. Ramsay avait souligné l’importance de la stabilité pour le développement d’un entraîneur :
« Vous obtenez un élément de patience. Si vous y regardez bien, la durée de vie d’un entraîneur en MLS par rapport au Championship est nettement plus longue. »
Eric Ramsay
Cette observation est de plus en plus partagée aux États-Unis, comme en témoigne le recrutement de Matt Wells par les Colorado Rapids en décembre dernier. L’Anglais de 37 ans, ancien membre de l’équipe technique de Tottenham, a déclaré au site Web de la MLS :
« J’aime le fait qu’ils empruntent une voie différente. Ils ne choisissent pas l’option facile d’aller simplement au Championship. Je pense que le rythme de développement que je vais obtenir en déménageant ici va être considérablement accéléré. »
Matt Wells, entraîneur des Colorado Rapids
Il est possible que Wells soit un jour sollicité par un club anglais ou européen. Dans ce cas, les exemples de Ramsay et de Nancy seront inévitablement cités comme des mises en garde, à l’instar de ce qui s’était passé avec Bob Bradley et Jesse Marsch par le passé.
La situation pourrait évoluer l’été prochain, lorsque la MLS inversera son calendrier pour se conformer au modèle européen. Cela permettra aux entraîneurs de terminer la saison avec leur équipe actuelle avant de rejoindre un nouveau club avec la garantie d’une pré-saison complète. Reste à savoir si cela suffira à dissiper les doutes et à convaincre les clubs européens de donner leur chance aux entraîneurs issus de la MLS.