Home International Les États-Unis cherchent à reproduire à Cuba la stratégie appliquée au Venezuela et négocient secrètement la transition avec le petit-fils de Raúl Castro, selon Axios

Les États-Unis cherchent à reproduire à Cuba la stratégie appliquée au Venezuela et négocient secrètement la transition avec le petit-fils de Raúl Castro, selon Axios

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Publié le 18 février 2026 15h20. L’administration américaine, dans le cadre de sa politique de pression maximale contre Cuba, explorerait des voies de contournement du gouvernement actuel en établissant des contacts secrets avec un membre influent de la famille Castro, signe d’un possible basculement stratégique à La Havane.

  • Washington négocierait discrètement avec Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de Raúl Castro, considéré comme un interlocuteur potentiel pour une transition.
  • Ces contacts, qui dépasseraient l’implication du sénateur Marco Rubio, suggèrent une volonté de « sauter » le gouvernement de Miguel Díaz-Canel.
  • Ce scénario rappelle la stratégie employée par l’administration Trump au Venezuela, combinant pression économique et négociations avec des figures proches du pouvoir.

Dans une tentative de déstabiliser le régime communiste cubain, l’administration de Donald Trump aurait engagé des négociations secrètes avec Raúl Guillermo Rodríguez Castro, connu sous le surnom de « Raulito » et surnommé « El Cangrejo ». Ce dernier est le petit-fils de Raúl Castro et est chargé de s’occuper de l’ancien dirigeant, frère de Fidel Castro. L’information, confirmée par des sources au sein de l’administration américaine, révèle une volonté de contourner le gouvernement actuel de Miguel Díaz-Canel et d’ouvrir la voie à une nouvelle génération au pouvoir.

Selon le portail Axios, ces contacts dépasseraient même l’influence du sénateur Marco Rubio, fervent défenseur d’une ligne dure envers Cuba et convaincu que Raúl Castro reste la figure centrale du pouvoir sur l’île. L’administration Trump semble ainsi privilégier une approche similaire à celle adoptée au Venezuela, où une pression économique intense s’est combinée à des discussions discrètes avec des personnalités du cercle restreint du pouvoir pour préparer le « jour d’après ».

À 41 ans, Raúl Guillermo Rodríguez Castro n’est pas seulement le soignant de son grand-oncle, mais il entretient également des liens étroits avec Gaïsa, le conglomérat militaire qui constitue le cœur économique du régime cubain. Les sources citées par Axios le décrivent comme un jeune homme d’affaires pragmatique, plus intéressé par les réalités économiques que par l’idéologie révolutionnaire, et conscient de la nécessité d’une ouverture. Selon la logique de Marco Rubio, il pourrait être une figure capable de faciliter une transition négociée, tout en préservant certains équilibres internes lors du démantèlement des structures les plus rigides du système.

Le parallèle avec le Venezuela est frappant. Avant la capture et l’extradition de Nicolás Maduro, l’administration Trump avait déjà établi des contacts avec des membres de son entourage. Washington avait finalement choisi de ne pas démanteler complètement l’appareil de pouvoir et a laissé Delcy Rodríguez en place, aujourd’hui figure dominante du régime. Le message adressé aux survivants était clair : les États-Unis étaient prêts à négocier avec des personnalités du régime si elles facilitaient un changement plus profond.

À Cuba, certains analystes estiment que Washington serait à la recherche de son propre « Delcy Rodríguez », une figure interne capable de garantir une transition contrôlée, d’éviter un vide du pouvoir et de ne pas répéter les erreurs commises en Irak en 2003, où le renversement de Saddam Hussein avait entraîné une déstabilisation complète du pays.

Le contexte à Cuba est particulièrement préoccupant. Après plus de six décennies de sanctions et une gestion économique désastreuse, l’île traverse l’une de ses pires crises. Les fréquentes pannes d’électricité, les restrictions opératoires dans les hôpitaux, les pénuries chroniques de nourriture et de carburant, et l’effondrement du tourisme, l’une des rares sources de revenus, mettent à rude épreuve la population. La situation s’est encore aggravée après la chute de Maduro, dont le pétrole subventionné était vital pour l’économie cubaine.

Donald Trump a déjà imposé de nouvelles sanctions et menacé de punir d’autres fournisseurs d’énergie de l’île. La pression économique s’accompagne d’un message militaire implicite, renforcé par l’opération menée à Caracas, qui a démontré la capacité de Washington à agir rapidement et avec une supériorité technologique indéniable.

Cependant, le pari est risqué. Contrairement au Venezuela, Cuba ne dispose pas d’une opposition structurée et visible capable de prendre le pouvoir. L’appareil du Parti communiste est plus compact et le contrôle social plus étendu. De plus, l’animosité historique entre les exilés cubains de Miami et les partisans du régime à La Havane complique toute tentative de compromis impliquant des membres de la famille Castro, et potentiellement leur impunité.

La semaine dernière, un groupe de parlementaires républicains cubano-américains de Floride a même demandé formellement au président d’ouvrir une procédure pénale contre Raúl Castro pour l’abattage, en 1996, des petits avions de l’organisation Hermanos al Rescate, au cours duquel quatre personnes ont perdu la vie. L’administration américaine n’a pas réagi, mais une telle accusation augmenterait considérablement la pression et pourrait ouvrir la voie à une éventuelle « extraction » ou à des concessions forcées de la part de la famille Castro.

Le régime cubain a déjà démenti tout rapprochement, notamment des rumeurs de contacts avec Alejandro Castro Espín, un autre membre influent du clan. Dans une déclaration récente, il a affirmé qu’il n’y avait pas de dialogue de haut niveau avec Washington et que les échanges se limitaient à des messages. Le Département d’État a pour l’instant refusé de confirmer ou de nier les conversations avec Raúl Guillermo Rodríguez Castro.

L’essentiel est que Washington ignorerait délibérément Miguel Díaz-Canel, le président officiel, le considérant comme un simple « apparatchik » incapable de dépasser un régime socialiste et dépourvu de réelle marge de manœuvre. Donald Trump n’a pas encore pris de décision définitive, mais a chargé Marco Rubio d’examiner les différentes options, tout en se concentrant sur des dossiers plus urgents comme l’Iran ou l’Ukraine.

Ses propres paroles révèlent néanmoins ses intentions : « Cuba est actuellement une nation en faillite. Nous discutons avec Cuba… et ils devraient conclure un accord », a-t-il déclaré récemment. Si cet accord se concrétise par des discussions discrètes avec le petit-fils de celui qui a dirigé l’île pendant plus d’une décennie, cela pourrait marquer le début d’une nouvelle ère.

Des pays comme le Mexique, le Brésil et l’Espagne envoient de l’aide humanitaire à Cuba. Photo:@SRE_mx

En outre, pour Marco Rubio, fils d’exilés cubains, cette question est une priorité absolue et occupe une place centrale dans son agenda. La question reste de savoir s’il s’agira d’une transition négociée préservant une partie de l’ordre ancien ou d’un prélude à une confrontation plus ouverte. Ce qui semble certain, c’est qu’après Caracas, La Havane est désormais pleinement intégrée au radar stratégique de la Maison Blanche.

SERGIO GÓMEZ MASERI – Correspondant EL TIEMPO – Washington

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