Publié le 23 février 2026 17:52:00. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio entame une tournée dans les Caraïbes pour renforcer la pression sur Cuba et le Venezuela, dans un contexte de tensions régionales exacerbées par l’intervention américaine au Venezuela.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, se rendra mercredi à un sommet des nations caribéennes afin de promouvoir une position commune sur la situation au Venezuela et de maintenir la pression sur Cuba. Il représentera les États-Unis lors de la réunion de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) qui se tiendra cette semaine à Saint-Kitts-et-Nevis.
Selon un porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, Rubio défendra les priorités du président Donald Trump, notamment la lutte contre l’immigration illégale.
« Le secrétaire réaffirmera l’engagement des États-Unis à travailler avec les États membres de la CARICOM pour accroître la stabilité et la prospérité dans notre hémisphère. »
Tommy Pigott, porte-parole du département d’État
Cette initiative intervient après l’opération militaire américaine qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier dernier, une action accueillie avec prudence dans la région des Caraïbes. Depuis, l’administration Trump a mis en place une politique d’ouverture du secteur pétrolier vénézuélien, assortie de certaines concessions politiques, comme l’amnistie pour les prisonniers.
La plupart des États caribéens ont adopté une attitude réservée face à cette intervention, bien que Trinité-et-Tobago ait fourni un soutien logistique à l’opération et soutienne ouvertement les opérations militaires américaines contre les trafiquants de drogue présumés dans la région, lancées en septembre dernier. Le Venezuela est considéré depuis des années par la majorité de ses voisins caribéens comme une source d’instabilité, en raison de l’exode massif de populations fuyant la crise économique.
Les nations de la CARICOM se montrent toutefois plus réticentes à collaborer aux pressions américaines sur Cuba, qui n’est pas membre du bloc mais entretient des relations de longue date avec plusieurs de ses membres. L’île est confrontée à une grave crise énergétique qui a quasiment paralysé son économie, après que Washington a interrompu les livraisons de pétrole du Venezuela, son principal fournisseur, et a menacé de sanctions tout pays lui vendant du carburant.
Selon des informations rapportées par le média américain Axios, le chef de la diplomatie américaine est en contact direct avec un petit-fils de Raúl Castro, Raúl Guillermo Rodríguez Castro.
« Notre position – celle du gouvernement américain – est que le régime doit partir. Mais la manière dont cela se fera dépend de [Président Trump], qui n’a pas encore pris de décision. Rubio est toujours en pourparlers avec le petit-fils. »
Un responsable de l’administration Trump, cité par Axios
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a dénoncé lundi depuis Genève la volonté américaine de provoquer une « catastrophe humanitaire » sur l’île.
Lors du sommet de la CARICOM de l’année dernière en Jamaïque, la plupart des pays membres n’avaient pas donné suite à la demande de Rubio de renoncer aux médecins cubains, une source importante de revenus pour La Havane. Seul le Guatemala avait soutenu l’appel de Rubio à mettre fin à un programme qualifié de travail forcé par Washington.
Le sommet de la CARICOM abordera également la crise persistante à Haïti, un pays pauvre et en proie à la violence, où un conseil de transition a récemment remis le pouvoir au Premier ministre soutenu par les États-Unis après avoir échoué à contrôler les gangs armés et sans perspective réelle d’organisation d’élections.
(avec informations de l’AFP)