Publié le 23 octobre 2025. Les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant deux géants pétroliers russes, marquant un durcissement de la politique américaine face au Kremlin. Cette décision intervient alors que les espoirs d’une résolution diplomatique immédiate du conflit en Ukraine s’amenuisent.
- De nouvelles sanctions américaines visent Rosneft et Loukoïl, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes.
- Ces mesures visent à faire pression sur Moscou pour qu’elle négocie un accord de paix en Ukraine.
- Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il était « temps » d’agir après des mois d’attente.
L’administration Trump a pris cette décision un jour après l’annonce du report sine die d’une rencontre prévue entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine à Budapest. « Chaque fois que je parle à Vladimir, j’ai de bonnes conversations et elles ne mènent à rien », a commenté Donald Trump, semblant exprimer une frustration croissante face à l’immobilisme des négociations.
Bien que l’impact économique direct de ces sanctions sur la Russie soit jugé potentiellement limité, elles représentent un changement notable dans la stratégie de la Maison Blanche. Auparavant, Donald Trump avait conditionné l’imposition de telles mesures à la cessation des achats de pétrole russe par les pays européens. Ces sanctions répondent également aux appels répétés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui y voit un « bon signal » et une incitation à la recherche d’un cessez-le-feu.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a justifié ces sanctions par le « refus de Poutine de mettre fin à cette guerre insensée », précisant que Rosneft et Loukoïl finançaient la « machine de guerre » du Kremlin. Les deux compagnies exportent quotidiennement 3,1 millions de barils de pétrole, représentant une part significative de la production russe. Donald Trump a par ailleurs exhorté la Chine, l’Inde et la Turquie, principaux clients de Moscou, à suspendre leurs achats pour accroître la pression économique.
L’Ukraine a intensifié ses attaques contre les infrastructures énergétiques russes ces derniers mois. La semaine dernière, le Royaume-Uni avait déjà imposé des sanctions similaires à Rosneft et Loukoïl, déclarant qu’« il n’y a pas de place pour le pétrole russe sur les marchés mondiaux ». L’ambassade russe à Londres a mis en garde contre une perturbation de l’approvisionnement mondial et une augmentation des coûts, estimant que la pression « complique le dialogue pacifique et conduit à une nouvelle escalade ».
La dépendance de l’Europe vis-à-vis du gaz russe, bien que réduite, reste significative. La Commission européenne a salué les nouvelles sanctions américaines, les considérant, avec l’interdiction d’importer du GNL russe d’ici 2028, comme un « signal clair des deux côtés de l’Atlantique que nous maintiendrons la pression collective sur l’agresseur ».
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, présent à la Maison Blanche lors de l’annonce, a également salué la décision, y voyant un moyen d’« exercer davantage de pression » sur le président Poutine. Les discussions ont également porté sur un plan de paix ukrainien en 12 points, incluant le gel des lignes de front, le retour des enfants déportés, un échange de prisonniers, un fonds de relance pour l’Ukraine et des garanties de sécurité. Un point de divergence majeur demeure le refus de Moscou de cesser les combats le long de la ligne de front actuelle, une condition exigée par Kiev mais rejetée par le Kremlin, qui souhaite le retrait des troupes ukrainiennes de certaines parties du Donbass.
Parallèlement, des combats intenses se sont poursuivis en Ukraine, avec des frappes ayant fait au moins deux morts dans la capitale, Kiev. La veille, un intense bombardement russe avait causé la mort d’au moins sept personnes, dont des enfants.