Publié le 2025-10-31 06:31:00. Le Festival international du film de Windsor (WIFF) démontre que la passion pour le septième art transcende les grands centres urbains, attirant des cinéphiles avides de découvertes, loin du glamour des tapis rouges.
À Windsor, en Ontario, loin des paillettes des grands festivals canadiens, le cinéma indépendant et international trouve un écho auprès d’un public venu avant tout pour la passion du film. Samedi dernier, plus de 150 personnes se sont rassemblées au Chrysler Theatre pour découvrir « Une vie privée », un petit film français malgré tout porté par la présence de Jodie Foster et la réalisation de Rebecca Zlotowski. Une affluence remarquable, d’autant plus que le film était passé relativement inaperçu sur les circuits prestigieux de Cannes et du TIFF, sans la promesse de rencontres avec des stars.
Cette scène, loin des projecteurs des métropoles, illustre le rôle crucial des festivals régionaux. Alors que la programmation des salles tend à se concentrer sur les blockbusters, des événements comme le WIFF, qui en était à sa 21e édition le 23 octobre, jouent un rôle vital pour maintenir la diversité cinématographique accessible. L’édition 2025 du WIFF, qui se tient jusqu’au 2 novembre, se distingue par sa programmation ambitieuse de 231 longs métrages et 25 courts métrages, rivalisant presque avec celle du TIFF.
Le succès du WIFF ne repose pas sur la présence de célébrités, mais sur la qualité de sa sélection et son engagement envers le cinéma. Bien que des professionnels de l’industrie cinématographique canadienne, tels que Neil Elias Abdelwahab, Matt Gallagher et Sylvain Corbeil, aient été présents, l’enthousiasme principal venait du public. Des lieux emblématiques comme le Capitol Theatre ont accueilli une programmation éclectique, allant de petites pépites étrangères comme « Le gâteau du président » au drame irakien, aux favoris des Oscars comme « Decision to Leave » (titre original coréen : « Heojilkyolshim »), en passant par des œuvres canadiennes qui auraient pu échapper à l’attention au TIFF, à l’instar du drame montréalais « Le coût du paradis ».
L’engagement du WIFF envers le cinéma national est également tangible avec l’attribution du prix WIFF du film canadien, doté de 25 000 $. Cette année, la réalisatrice Xiaodan He a été récompensée pour son drame « Montréal, ma belle ». Ce prix fait du WIFF le deuxième plus important prix du cinéma canadien, juste derrière le prix Rogers du meilleur film canadien de 50 000 $ décerné par l’Association des critiques de films de Toronto.
Contrairement aux festivals américains qui tendent à devenir des extensions des campagnes de prix pour les studios, les festivals canadiens comme le WIFF, le Calgary International Film Festival (CIFF) ou le Whistler Film Festival, remplissent une mission différente. Ils servent d’espace d’exposition pour des œuvres qui, autrement, n’atteindraient pas le grand public. En offrant onze jours de projections, le WIFF apporte une bouffée d’oxygène culturel à des centres-villes qui, comme celui de Windsor, ont souffert ces dernières années.