Publié le 15 février 2024 à 05h18. De nouvelles frappes israéliennes ont fait au moins huit morts parmi la population palestinienne à Gaza et au Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu négocié en octobre par les États-Unis, selon des sources médicales et militaires.
- Au moins quatre Palestiniens ont été tués dans la ville de Khan Younis, dans le sud de Gaza.
- Quatre autres victimes ont été recensées dans la zone d’al-Faluja, au nord de Gaza, suite à une attaque sur un camp de personnes déplacées.
- L’armée israélienne a également mené des frappes dans le sud du Liban, ciblant des positions du Hezbollah.
Les forces israéliennes ont intensifié leurs opérations militaires ces dernières 24 heures, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier. Selon des sources de l’hôpital Nasser, au moins quatre Palestiniens ont péri dans la ville de Khan Younis. Une source hospitalière a précisé que l’attaque s’est produite au-delà de la « ligne jaune », zone de déploiement des troupes israéliennes à Gaza.
Parallèlement, quatre autres Palestiniens ont été tués dans la zone d’al-Faluja, au nord de Gaza, lorsqu’une tente abritant des personnes déplacées a été la cible d’une frappe. L’information a été confirmée par une source de l’hôpital al-Shifa.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été émise par Israël. Cependant, l’armée israélienne a publié un communiqué dimanche indiquant avoir frappé un bâtiment dans le nord de Gaza après y avoir détecté la présence de combattants armés. Selon le communiqué, au moins deux combattants ont été tués lors de cette opération. L’armée a également affirmé avoir neutralisé une autre personne à Gaza, qualifiée de « menace immédiate » pour ses forces, sans fournir de preuves à l’appui de ses allégations.
Au Liban, l’armée israélienne a annoncé avoir ciblé des entrepôts utilisés par le Hezbollah pour stocker des armes et des lanceurs dans le sud du pays. Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions persistantes, le Hezbollah ayant lancé des attaques contre le nord d’Israël en signe de solidarité avec les Palestiniens de Gaza en 2023. Un cessez-le-feu avait été convenu en novembre 2024 entre les deux parties, mais les autorités libanaises n’ont pas immédiatement commenté les attaques de dimanche.
Malgré l’accord de cessez-le-feu, les autorités de Gaza et du Liban dénoncent la poursuite d’attaques quasi quotidiennes par l’armée israélienne. Selon un décompte établi par les autorités palestiniennes, Israël a violé l’accord négocié par les États-Unis plus de 1 500 fois depuis son entrée en vigueur le 10 octobre, causant la mort d’au moins 591 personnes et blessant 1 590 autres.
Outre les pertes humaines, Israël impose des restrictions sévères à l’entrée de nourriture, de médicaments, de fournitures médicales, de matériaux de construction et de logements préfabriqués à Gaza, où environ 2 millions de Palestiniens, dont 1,5 million de déplacés, vivent dans des conditions désastreuses.
La guerre lancée par Israël contre Gaza le 8 octobre 2023, avec le soutien des États-Unis, a fait 72 032 morts et 171 661 blessés, tout en détruisant 90 % des infrastructures du territoire. Les Nations Unies estiment que la reconstruction de Gaza pourrait nécessiter plus de 70 milliards de dollars.
Au Liban, l’armée israélienne a mené plus de 10 000 attaques aériennes et terrestres au cours de l’année écoulée, malgré l’accord de cessation des hostilités. Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a vérifié au moins 108 victimes civiles des attaques israéliennes depuis le cessez-le-feu, dont au moins 21 femmes et 16 enfants. Au moins 11 civils libanais ont également été enlevés par les forces israéliennes au cours de cette période, selon le bureau.