En Suisse, les consommateurs d’assurance maladie pourraient devoir débourser bien plus que ce qu’annonçait initialement le gouvernement. Alors que le Conseil fédéral avait évoqué une augmentation moyenne de 4,4% pour 2026, une nouvelle analyse vient jeter un pavé dans la mare, révélant des hausses potentiellement bien plus conséquentes pour de nombreux assurés.
Selon une étude publiée par la société de conseil Deloitte suite à l’annonce des nouveaux tarifs le 23 septembre dernier, les détenteurs des polices d’assurance les plus économiques devraient s’attendre à une facture mensuelle gonflée de 7% en moyenne. Ce chiffre, significativement supérieur aux 4,4% officiellement communiqués, se traduirait par un surcoût moyen de 23 francs par mois et par adulte pour les ménages, plutôt que les 16,60 francs initialement avancés par le gouvernement.
Ces disparités ne sont pas uniformes sur le territoire helvétique. L’analyse de Deloitte souligne que les primes devraient continuer à creuser l’écart entre les cantons, le fardeau financier étant influencé non seulement par l’augmentation générale des coûts de santé, mais aussi par des « conditions-cadres régionales et politiques », comme l’explique Marcel Thom, expert chez Deloitte.
Les cantons de la région alpine figureront en tête de liste des augmentations les plus importantes. Les Tessinois devront composer avec la plus forte hausse, à 6,9% par rapport aux primes actuelles, portant leur mensualité moyenne à 582 francs. Suivent de près le Valais (5,8% – 439 francs), Appenzell-Rhodes-Extérieur (5,5% – 322 francs), Uri (5,3% – 363 francs), Zurich (5,1% – 451 francs) et les Grisons (5% – 400 francs). Ces progressions sont les plus marquées, selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Face à ces hausses prévisionnelles, une tendance marquée se confirme : les assurés suisses n’hésitent pas à changer de prestataire dès que le coût de leur prime augmente de manière significative. L’enquête de Deloitte révèle qu’entre 7% et 10% des assurés, soit près de 900 000 personnes, pourraient changer de compagnie d’assurance. Ce mouvement de migration des assurés s’enclenche généralement dès que l’augmentation mensuelle dépasse le seuil de 30 francs.
Par ailleurs, l’étude met en lumière un autre phénomène notable : l’écart de prix entre les assureurs proposant les primes les plus basses tend à se réduire de plus en plus, complexifiant la recherche de l’offre la plus avantageuse.