Publié le 20 février 2026 à 19h30. L’émergence de talents classiques vénézuéliens sur la scène internationale, notamment grâce au prestigieux programme « El Sistema », est désormais menacée par les restrictions de visa imposées par les États-Unis, compromettant l’avenir de nombreux musiciens.
- Des musiciens vénézuéliens, formés par « El Sistema », occupent désormais des postes clés dans des orchestres de renommée mondiale.
- Les restrictions de visa américaines, intensifiées ces derniers mois, entravent l’arrivée de nouveaux talents vénézuéliens à Chicago et ailleurs aux États-Unis.
- Gustavo Dudamel, chef d’orchestre vénézuélien mondialement reconnu, incarne le succès du programme « El Sistema ».
Le Venezuela a donné au monde musical des chefs d’orchestre et des solistes de premier plan, grâce à « El Sistema Nacional de Orquestas y Coros Juveniles e Infantiles de Venezuela » – plus simplement « El Sistema ». Cette organisation, fondée il y a plusieurs décennies, vise à offrir une éducation musicale de qualité aux jeunes Vénézuéliens, issus de milieux souvent défavorisés. De nombreux anciens élèves d’« El Sistema » brillent aujourd’hui dans les plus grandes institutions musicales du monde.
Parmi eux, le trompettiste Pacho Flores et le chef d’orchestre Giancarlo Guerrero, tous deux passés par « El Sistema » avant de connaître une carrière internationale. Giancarlo Guerrero, 56 ans, témoigne de l’importance de ce programme :
« Je dois essentiellement ma carrière à El Sistema et au Venezuela. »
Giancarlo Guerrero, chef d’orchestre
L’influence de « El Sistema » se manifeste également par l’ascension fulgurante de Gustavo Dudamel, 45 ans, qui prendra la direction de l’Orchestre philharmonique de New York cet automne, tout en conservant son poste de directeur musical de l’Orchestre symphonique Simón Bolívar. Son compatriote Rafael Payare, également formé à « El Sistema », dirige quant à lui les symphonies de San Diego et de Montréal. Des musiciens vénézuéliens sont également présents au sein d’orchestre prestigieux tels que l’Orchestre philharmonique de Berlin et l’Orchestre symphonique de Chicago.
Cependant, cet élan est aujourd’hui freiné par un contexte géopolitique tendu et une politique migratoire américaine plus restrictive. En juin dernier, le Département d’État américain a suspendu la délivrance de visas, y compris les visas étudiants, aux ressortissants vénézuéliens, avec quelques exceptions. Ces exceptions ont été encore réduites en janvier, créant une incertitude quant à l’avenir des musiciens vénézuéliens souhaitant poursuivre leur carrière aux États-Unis.
À Chicago, cette situation pourrait affecter l’arrivée de nouveaux talents dans les conservatoires de la ville, ainsi que les opportunités offertes par le Chicago Symphony, le Civic Orchestra of Chicago ou le Grant Park Music Festival. La possibilité pour les jeunes musiciens vénézuéliens de s’installer et de contribuer à la scène musicale américaine est désormais compromise, mettant en péril un flux de talents qui a enrichi le monde de la musique classique pendant des années.