La Côte d’Azur, habituellement synonyme de glamour et de paysages époustouflants, s’est transformée ce week-end en un épicentre mondial de la compétition vidéoludique. Nice a accueilli pour la toute première fois en Europe l’Evo (Evolution Championship Series), le plus grand tournoi dédié aux jeux de combat, attirant des milliers de passionnés et de joueurs d’élite venus du monde entier.
Pendant trois jours, des milliers de participants venus de 93 pays se sont affrontés sur les titres les plus emblématiques du genre, tels que Mortal Kombat, Street Fighter 6 ou encore Tekken 8. L’enjeu était de taille : un prix de 100 000 euros (environ 116 000 dollars) pour le grand vainqueur, mais surtout une qualification directe pour la prestigieuse Capcom Cup 12 à Tokyo en mars prochain, dotée d’un impressionnant cash prize de 1,2 million de dollars.
« C’est une occasion en or de vous mesurer à des adversaires du monde entier », s’enthousiasme Julien Thomas, un Parisien de 23 ans, déjà reconnu comme l’un des meilleurs joueurs français de Street Fighter 6. Pour Florent Gay, responsable esports chez Bandai Namco, fabricant de Tekken 8, le succès de cet événement n’est pas une surprise : « Les joueurs attendaient ce tournoi depuis longtemps en Europe, c’est une première historique. » L’attente était d’autant plus palpable que l’Evo, fondé aux États-Unis il y a 29 ans, n’avait jamais organisé d’étape européenne auparavant.
L’événement a vu s’affronter près de 5 000 joueurs dans une ambiance électrique. Les compétitions intenses, débutées dès les phases éliminatoires, ont culminé dimanche avec les finales sur la scène principale. Nahil Gassim, alias « Pepito », joueur sponsorisé par la société française de télévision en ligne Solary, a vu son parcours s’arrêter en huitièmes de finale, battu par un ténor chinois. « Je voulais faire mieux, mais le chemin vers le sommet est long », confie-t-il, non sans une pointe de déception. Malgré sa défaite, il compte rester jusqu’à la fin pour encourager ses amis : « Gagner Evo, c’est devenir une légende du jeu vidéo. C’est le trophée ultime. »
Bertrand Amar, l’un des organisateurs de l’événement, n’hésite pas à faire un parallèle audacieux : « Si je devais comparer, c’est comme les JO des jeux vidéo de combat. Il y a plusieurs disciplines, c’est ouvert à tous et le chemin pour gagner est long et semé d’embûches. » Forte de ce succès, l’organisation a déjà confirmé sa volonté de proposer une deuxième édition d’Evo France l’année prochaine, toujours dans la cité azuréenne.