Publié le 2025-10-18 14:34:00. La nouvelle ère de Paramount Skydance, sous la houlette de David Ellison, s’annonce avec une vague massive de suppressions d’emplois. Ces mesures, attendues depuis l’officialisation du rachat, visent à réaliser des économies substantielles dans les mois à venir.
- Environ 2 000 postes devraient être supprimés aux États-Unis, avec des licenciements supplémentaires prévus à l’international.
- Ces réductions s’inscrivent dans un objectif de diminution des coûts de plus de 2 milliards de dollars.
- Le calendrier initial prévoyait des licenciements dès début novembre.
La semaine du 27 octobre marque le début d’une restructuration majeure pour Paramount Skydance, propriété du groupe de David Ellison. Les employés s’attendent à une vaste campagne de licenciements, confirmée par plusieurs sources. Cette décision intervient alors que l’accord de fusion entre Skydance Media et Paramount Global, d’une valeur de 8 milliards de dollars, a été finalisé.
Ces coupes budgétaires n’étaient pas une surprise. Dès l’annonce du rapprochement, l’objectif de David Ellison et de son équipe était clair : réduire les dépenses de plus de 2 milliards de dollars. Initialement, ces suppressions d’emplois devaient intervenir dès début novembre. Les dernières estimations font état d’environ 2 000 postes supprimés sur le sol américain, auxquels s’ajoutent des licenciements à l’échelle mondiale.
Lors d’une conférence de presse le 7 août à New York, peu après la clôture officielle de la transaction, Jeff Shell, l’ancien PDG de NBCUniversal et désormais président de Paramount Skydance, avait annoncé des mesures rapides de réduction des coûts et des suppressions d’effectifs. Ces informations devaient être détaillées dans le rapport financier du troisième trimestre 2025, qui sera publié le 10 novembre. L’entreprise a effectivement annoncé la publication de ses résultats financiers pour ce trimestre à cette date.
Paramount, maison mère de chaînes et studios emblématiques tels que CBS, Paramount Pictures, Paramount+, MTV, Comedy Central, Nickelodeon et BET, fait face à un déclin structurel de ses revenus publicitaires et de distribution traditionnels. Ce phénomène s’explique par le désabonnement croissant des téléspectateurs payants au profit des plateformes de streaming.
Au 31 décembre 2024, Paramount employait environ 18 600 personnes à temps plein et à temps partiel dans 32 pays. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 24 500 employés recensés deux ans auparavant. Avant même la finalisation de l’accord avec Skydance, la société avait déjà procédé à des licenciements, notamment une réduction de 3,5 % de son personnel domestique en juin. Le site web de Skydance indique, quant à lui, compter « plus de 500 » employés.
Malgré ces restructurations, Paramount Skydance continue d’investir massivement dans le contenu. Une semaine après le rachat, l’entreprise a annoncé un accord de 7,7 milliards de dollars sur sept ans pour les droits exclusifs de l’UFC. Elle a également conclu un partenariat avec Activision pour adapter « Call of Duty » au cinéma et a acquis The Free Press pour 150 millions de dollars. De plus, les frères Duffer, créateurs de « Stranger Things », ont quitté Netflix pour signer un nouveau contrat d’exclusivité de quatre ans avec Paramount.
Parallèlement, David Ellison explorerait la possibilité d’acquérir Warner Bros. Discovery (WBD). Une telle opération représenterait une fusion-acquisition d’une ampleur encore plus grande que le rachat de Paramount Global. WBD aurait cependant rejeté une offre de 20 dollars par action de Paramount, jugée trop insuffisante. La famille Ellison détient le contrôle total de Paramount Skydance, le rachat ayant été largement financé par Larry Ellison, père de David.
Depuis la conclusion de l’accord, David Ellison a procédé à plusieurs nominations clés. Makan Delrahim, qui a conseillé Skydance lors de l’acquisition, a été nommé directeur juridique. Dane Glasgow, ancien dirigeant de Meta, occupe désormais le poste de chef de produit, tandis que Jay Askinasi, issu de Roku, devient directeur des revenus. D’autres figures importantes comme Cindy Holland, Dana Goldberg et Josh Greenstein rejoignent les équipes en charge du streaming et du cinéma. George Cheeks, qui dirigeait CBS avant la transaction, conserve un rôle de « président des médias TV ».
Lors d’une présentation aux investisseurs en juillet 2024, Jeff Shell avait précisé, en collaboration avec le cabinet Bain & Co., que le regroupement permettrait d’identifier au moins 2 milliards de dollars d’économies annuelles potentielles. Il avait alors indiqué que la télévision linéaire constituerait une source majeure de ces réductions de coûts.