Mis à jour le 18 février 2026 à 15h40. Le cyclisme professionnel entre dans une nouvelle ère de dépenses massives, où les transferts de coureurs atteignent des sommes record, rivalisant avec les budgets des plus grands clubs de football. Les équipes se livrent une véritable course aux armements pour attirer les stars et les talents émergents.
- Remco Evenepoel confirme son transfert en enchaînant les victoires dès le début de la saison.
- Lidl-Trek mise gros sur Juan Ayuso et Derek Gee, avec des enjeux élevés pour justifier les investissements.
- Ineos Grenadiers renforce son équipe avec Oscar Onley et Kévin Vauquelin, signalant une ambition renouvelée.
La saison de transfert 2025-2026 a été marquée par des contrats mirobolants et des mouvements spectaculaires, témoignant d’une nouvelle dynamique financière dans le peloton. Les équipes les plus puissantes, telles que Red Bull-Bora-Hansgrohe, Lidl-Trek, Decathlon et Ineos Grenadiers, ont ouvert les cordons de la bourse pour s’assurer les services des meilleurs coureurs, actuels et futurs. Cette situation oblige les équipes moins fortunées à investir massivement ou à risquer de perdre en compétitivité.
Pour les coureurs les plus en vue, il est désormais crucial de prouver la valeur de leur contrat en obtenant des résultats probants. Les classiques et les grands tours à venir seront des moments décisifs pour valider ces investissements considérables. Février et mars constituent une période d’évaluation initiale, permettant de jauger si ces transferts sont rentables ou s’ils se révèlent être des erreurs coûteuses.
Plusieurs transferts ont déjà porté leurs fruits. Remco Evenepoel a dissipé les doutes concernant son transfert en enchaînant les victoires dès ses premières courses de 2026, remportant sept succès en dix jours, dont quatre en solitaire et deux contre-la-montre, ainsi qu’un classement général. Il a répondu aux critiques sur le terrain, même s’il a perdu la tête du classement aux Émirats arabes unis mercredi.
Le transfert de Biniam Girmay chez NSN Cycling semble également fructifier, avec deux victoires en sprint pour l’équipe reconstruite, désireuse de tourner la page des controverses de l’année précédente et de prouver sa place au sein du WorldTour.
L’étoile montante américaine, Matthieu Riccitello, figure de proue du remaniement de Decathlon, a déjà remporté une course et un classement général, validant ainsi l’investissement consenti.
Ayuso, Gee et Lidl-Trek sous pression
La prochaine vague de transferts majeurs prend la route cette semaine. Les enjeux sont considérables, avec des contrats à sept chiffres et une pression accrue sur les coureurs.
Si Evenepoel a déjà fait sensation, le transfert de Juan Ayuso des Émirats arabes unis à Lidl-Trek est peut-être encore plus scruté. Ayuso est passé d’une situation tendue lors de la Vuelta a España, où l’annonce de son départ avait créé des remous, à une présentation chez Lidl-Trek marquée par des mots de regret. Il a estimé qu’il était préférable d’éviter les frictions avec Tadej Pogačar et la machine des Émirats arabes unis.
Le transfert de Derek Gee est peut-être le plus mystérieux de 2026. Lassé d’Israël-Premier Tech, il a souhaité changer d’équipe à tout prix. Une bataille juridique de 30 millions de dollars a opposé Gee à son ancienne équipe, mais un accord a été trouvé et il a rejoint Lidl-Trek, ajoutant à la pression de l’équipe pour prouver sa valeur.
Ce qu’il faut attendre : Le coureur canadien n’a pas couru depuis le Giro de l’année dernière et sa victoire au championnat canadien sur route en juin. Ses débuts à l’UAE Tour sont pour l’instant conformes aux attentes, sans éclat particulier. Il a terminé 14e du contre-la-montre, accusant un retard d’un peu moins de trois secondes par kilomètre sur Evenepoel. Une solide performance mercredi lui a permis de se hisser dans le top 10 du classement général, un résultat encourageant.
Ayuso, quant à lui, voudra se faire remarquer dès cette semaine lors de ses débuts en Algarve, notamment face à ses concurrents directs, comme le favori local João Almeida. Cette confrontation est déjà annoncée comme une bataille « A&A » pour la suprématie.
Ineos double ses efforts

Les autres grandes signatures de la saison de transfert font leurs débuts cette semaine à la Volta ao Algarve, avec Oscar Onley et Kévin Vauquelin arborant leurs nouveaux maillots Ineos Grenadiers.
Onley a rejoint l’équipe dans le cadre d’un des transferts les plus coûteux du cyclisme moderne, tandis que Vauquelin est considéré par beaucoup comme un potentiel outsider pour 2026. Ces deux contrats ambitieux témoignent de la volonté des Ineos Grenadiers, autrefois dominants, de ne plus se contenter du top 10 à l’ère des super-équipes.
Malgré la pression qui accompagne ces mouvements importants, les coureurs ne ressentent pas de stress immédiat. « Je ne ressens aucune pression pour performer tout de suite », a déclaré Onley dans un communiqué de l’équipe. Vauquelin partage le même sentiment : « J’ai surtout hâte de me remettre en selle, de pédaler fort et de bien débuter avec l’équipe et mes coéquipiers. »
Ce qu’il faut attendre : La décision de confier le rôle de leader à Thymen Arensman en dit long. Le Néerlandais a remporté deux étapes du Tour de l’année dernière et mènera l’équipe en partie pour soulager la pression sur les deux nouvelles recrues. Filippo Ganna visera également une victoire en contre-la-montre.
Onley et Vauquelin sortent tous deux d’une période d’entraînement hivernal et ne seront pas encore à leur maximum. Les véritables objectifs se situent plus loin dans le calendrier, mais les deux coureurs sont impatients de se lancer dans la compétition.
La fierté est également en jeu pour Ineos, qui souhaite relancer l’ensemble de l’organisation. L’équipe britannique a débuté la saison avec une nouvelle intensité, et cela se fera sentir tout au long de la semaine. Les nouveaux leaders ne se cacheront pas.
Soudal-Quick Step mise sur la reconstruction

Soudal-Quick Step est une équipe qui se tourne vers l’avenir. Avec le départ d’Evenepoel, l’équipe revient à ses racines sur les pavés, en misant sur deux nouvelles recrues clés.
Les arrivées de Dylan van Baarle et Jasper Stuyven cette semaine en Algarve signalent un changement délibéré vers les courses exigeantes et une renaissance de l’identité Wolfpack.
Le départ d’Evenepoel a généré un « dividende Remco » grâce aux économies réalisées sur son salaire, et la direction a réinvesti ces fonds dans Van Baarle et Stuyven, deux anciens vainqueurs de monuments chevronnés chargés de redonner à l’équipe sa force sur les pavés, dans les vents latéraux et lors des échappées.
Est-ce que cela fonctionnera ?
« Je pense que nous étions tous les deux prêts à prendre une bouffée d’air frais. Nous allons nous retrouver au bon moment en tant que coéquipiers. »
Dylan van Baarle, coureur Soudal-Quick Step
« Je n’étais pas fatigué de Lidl-Trek. Mais lorsque les négociations avec Soudal-Quick Step ont commencé, j’ai senti qu’il était temps de former une nouvelle équipe. »
Jasper Stuyven, coureur Soudal-Quick Step
Ce qu’il faut attendre : L’Algarve ne convient pas particulièrement à ces deux spécialistes des pavés, mais c’est une bonne course pour se remettre en forme. Deux sprints, un contre-la-montre et deux arrivées en montée offrent un terrain limité pour les spécialistes des pavés.
L’objectif immédiat est de guider le sprinteur Paul Magnier vers sa première victoire de 2026 et de préparer les moteurs en vue de l’Omloop Het Nieuwsblad plus tard ce mois-ci. C’est alors que leur saison commencera véritablement.