Home Accueil Les Néerlandais syriens Ahmad et Fadi veulent tous deux le changement : l’un vote PVV, l’autre GroenLinks-PvdA

Les Néerlandais syriens Ahmad et Fadi veulent tous deux le changement : l’un vote PVV, l’autre GroenLinks-PvdA

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Publié le 2025-10-25 07:04:00. Un sondage réalisé auprès de 350 Syriens résidant aux Pays-Bas révèle une diversité d’opinions sur la politique nationale, influencée par des expériences personnelles contrastées. Alors que certains se sentent intégrés et soutiennent des politiques inclusives, d’autres appellent à un durcissement des règles migratoires, exprimant un sentiment de désillusion.

  • Les expériences d’intégration des Syriens aux Pays-Bas varient considérablement, certains se sentant bien accueillis et d’autres non.
  • Les opinions politiques divergentes se reflètent dans les choix électoraux, allant de partis de gauche à des formations plus conservatrices, avec des préoccupations économiques et sociales comme moteurs principaux.
  • Des appels à une sélection plus rigoureuse des demandeurs d’asile et à un renforcement de la politique d’immigration émergent, contrastant avec des appels à un soutien accru pour les personnes déjà établies.

Une étude menée par EenVandaag en collaboration avec la plateforme NPO Net In Nederland a sondé 350 Syriens vivant aux Pays-Bas sur leur perception de la politique du pays. Les résultats mettent en lumière la pluralité des points de vue, fortement liés aux vécus individuels. Ahmad Hamwi et Fadi Haddad, tous deux résidant aux Pays-Bas depuis plus d’une décennie, illustrent cette divergence.

Ahmad Hamwi, installé aux Pays-Bas depuis près de 13 ans, confie ne pas toujours se sentir le bienvenu. « Chez certains, je me sens accueilli, chez d’autres non. Malgré mon ancienneté et mes efforts pour maîtriser la langue, je reçois parfois des réactions comme si je venais d’arriver », explique-t-il. Pour lui, un retour en Syrie est impensable : « Mes parents sont décédés, je n’ai plus de famille là-bas. Le pays reste dangereux. Mes enfants sont nés ici et j’ai construit ma vie dans ce pays. »

Concernant ses choix électoraux, Ahmad accorde de l’importance à sa participation aux scrutins, penchant pour la coalition GroenLinks-PvdA ou le parti DENK. « Je vote pour un parti qui, je pense, me soutiendra, moi et ma famille, avec l’économie comme thème prioritaire ensuite », précise-t-il. Il exprime une inquiétude face à la montée de partis comme le PVV : « J’ai peur qu’avec le PVV au pouvoir, la discrimination augmente et que nous devenions des boucs émissaires. » Il peine à comprendre la focalisation politique sur les Syriens, rappelant l’arrivée d’autres communautés. « On a l’impression que c’est de la propagande, peut-être parce que nous sommes musulmans ? Nous sommes bien intégrés, nous payons nos impôts. Ce qui nous manque, c’est le soutien du gouvernement », ajoute-t-il, manifestant son incompréhension face à un durcissement de la politique d’asile sous le cabinet-Schoof.

Un discours différent émane de Fadi Haddad, qui vit aux Pays-Bas depuis plus de dix ans et s’y sent « plus chez lui qu’en Syrie ». « Ici, aux Pays-Bas, la liberté est ma priorité numéro un. On peut être soi-même. Je suis musulman sur le papier, mais je suis devenu athée ici. C’est quelque chose que je n’aurais jamais osé dire en Syrie », témoigne-t-il.

Son choix de voter pour le PVV, souvent source de surprise, s’explique par sa volonté de changement. « Je vote parce que je veux du changement. Je pense que le système actuel ne fonctionne pas, particulièrement la politique migratoire. Je vois des Syriens obtenir un passeport sans apprendre la langue ni travailler. Je ne vote pas par sympathie, je pense que les Pays-Bas ont besoin d’une ‘claque’ », déclare-t-il.

Fadi Haddad se dit reconnaissant pour l’opportunité qu’il a reçue, mais prône une sélection plus stricte des arrivants. « Il faut uniquement admettre les personnes qui veulent réellement s’engager pour le pays, pas des profiteurs », affirme-t-il, comprenant la position de certains partis appelant à plus de fermeté. « Les droits de l’homme sont parfois bafoués et cela doit être mieux contrôlé », ajoute-t-il.

Il soutient même, en partie, la proposition du PVV de renvoyer les Syriens sous permis temporaire, précisant cependant que cela devrait être évalué au cas par cas. « En tant que Syrien, on n’est pas automatiquement en danger », souligne-t-il. Le fait de voter pour un parti critique envers son groupe d’origine ne le dérange pas : « Je suis moi-même critique à leur égard. »

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