Publié le 26 février 2026 à 10h41 (mise à jour le 26 février à 13h21). Malgré des divergences sur la guerre en Ukraine, l’Allemagne et la Chine ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs liens économiques lors d’une visite du chancelier allemand Friedrich Merz à Pékin, marquée par des critiques directes de ce dernier envers les politiques économiques chinoises.
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre chinois Li Qiang ont participé hier au symposium du Comité consultatif économique sino-allemand à Pékin, une plateforme d’échange institutionnelle pour la coopération économique et commerciale entre les deux pays. Plus de 60 représentants d’entreprises chinoises et allemandes ont assisté à cet événement.
Selon le New York Times, les critiques formulées par Merz étaient plus directes et spécifiques que celles d’autres dirigeants occidentaux, notamment les Premiers ministres britannique et canadien, qui se sont récemment rendus à Pékin dans l’espoir de renouer le dialogue.
Merz a appelé la Chine à réduire les subventions à son industrie manufacturière, à laisser le yuan se valoriser et à garantir la poursuite des exportations de matières premières essentielles, estimant que ces mesures profiteraient au développement de l’industrie allemande et renforceraient les liens bilatéraux.
Il a déclaré à Li Qiang que, face à l’incertitude liée aux politiques douanières à l’échelle mondiale, l’Allemagne et la Chine pourraient donner l’exemple d’une relation bilatérale fondée sur la fiabilité et la sécurité économiques.
Li Qiang a souligné, lors du symposium, que l’économie mondiale était confrontée à des défis majeurs, notamment la montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme, qui nuisent à l’ordre économique et commercial international. Il a insisté sur la nécessité pour la Chine et l’Allemagne de renforcer leur coopération.
Selon l’agence de presse Xinhua, Li Qiang a affirmé que les économies chinoise et allemande montraient des signes de reprise et que les complémentarités économiques et industrielles entre les deux pays restaient fortes. Il a souligné que la coopération était plus vaste que la concurrence et qu’un développement mutuel était possible grâce à une relation saine, basée sur la compétition et la coopération.
Il a proposé de renforcer les fondements de la coopération traditionnelle, notamment dans les domaines de la mécanique, des équipements, de la chimie et d’autres secteurs, en accélérant la localisation des activités. Il a également suggéré de saisir les nouvelles opportunités de développement, en encourageant les entreprises et les instituts de recherche des deux pays à favoriser les échanges de ressources innovantes, et de créer un environnement favorable à l’investissement et au développement des entreprises.
Li Qiang a déclaré que la Chine répondrait activement aux demandes raisonnables des entreprises allemandes et étrangères, tout en espérant que le gouvernement allemand offrirait un environnement commercial ouvert, équitable et non discriminatoire pour favoriser la coopération et la concurrence selon les principes du marché.
La visite de Merz en Chine, les 25 et 26 février, a inclus des rencontres avec Li Qiang et le président chinois Xi Jinping.
Ces dernières années, les relations entre l’Allemagne et la Chine se sont tendues, l’Allemagne accusant Pékin de pratiques commerciales déloyales, entraînant un déficit commercial croissant et un afflux important de produits chinois en Europe. En 2023, l’Allemagne a qualifié la Chine de « partenaire, concurrent et rival systémique » et a pris des mesures pour réduire sa dépendance aux produits chinois tout en renforçant les contrôles à l’exportation.
Selon Zhu Feng, professeur de relations internationales à l’Université de Nanjing, la Chine s’inquiète non seulement du protectionnisme commercial de l’administration Trump, mais aussi de la possibilité que l’Europe impose des restrictions sur les produits chinois.
Le rapport souligne que la Chine n’offre plus autant d’opportunités à l’Allemagne qu’auparavant et que les bénéfices des entreprises allemandes en Chine sont en baisse. Des secteurs industriels allemands tels que l’automobile, la chimie et la mécanique sont confrontés à une concurrence accrue de la part de leurs homologues chinois, entraînant des pertes d’emplois industriels en Allemagne. (Editeur : Zhang Shuling/Zhu Jianling) 1150226