Publié le 26 février 2026 à 15h08. Des prisonniers politiques incarcérés au centre pénitentiaire de Rodéo I, près de Guatire, ont lancé un appel à l’aide en dénonçant des violences physiques, tandis que l’application de la loi d’amnistie récemment adoptée se poursuit au Venezuela.
- Des détenus politiques à Rodéo I ont crié pour signaler des coups portés à l’un d’eux, Enzo Flores, qui reçoit déjà des soins médicaux depuis seize mois.
- Les familles des prisonniers, qui n’ont pas pu les visiter depuis près de deux mois, ont entendu les appels à l’aide et ont alerté les autorités.
- Le Comité pour la libération des prisonniers politiques a exprimé sa vive inquiétude face à la situation et a demandé l’intervention de la Croix-Rouge.
Des scènes de détresse se sont déroulées mercredi soir au centre pénitentiaire de Rodéo I, dans l’État de Miranda. Des prisonniers politiques y ont lancé des appels à l’aide, alertant sur des violences dont aurait été victime Enzo Flores, un détenu nécessitant une surveillance médicale continue depuis plus d’un an. Les cris ont été entendus par les familles des prisonniers, qui se sont rassemblées à proximité de la prison, après avoir été privées de visites pendant près de deux mois.
Selon les témoignages recueillis, les appels à l’aide ont commencé vers 23h20. Les proches, se trouvant sur une colline surplombant l’établissement pénitentiaire, ont alors tenté de comprendre ce qui se passait. Un membre de la famille a déclaré :
« Ce soir, 25 février, à 23h20, nos proches se sont mis à crier dans Rodeo I. L’information que nous avons pu obtenir est qu’à l’intérieur, il y a une personne nommée Enzo Flores, qui est sous la surveillance d’un médecin depuis 16 mois et qui a été battu, ce qui a provoqué des saignements. »
Membre de la famille d’un prisonnier
Dans une autre vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on pouvait entendre des proches implorer l’intervention de la Croix-Rouge pour protéger Enzo Flores, dénonçant des actes de torture.
« Les détenus crient, ils demandent de l’aide. Ils demandent l’intervention de la Croix-Rouge pour un certain Flores, qui le torture. Nous ne sommes pas protégés. »
Proche d’un prisonnier
Les familles ont également dénoncé des tentatives d’intimidation de la part d’agents de la Garde nationale bolivarienne lorsqu’elles ont cherché à obtenir des informations sur la situation.
« Les fonctionnaires sont venus nous convaincre de partir, mais nous n’avons pas quitté les lieux. »
Membre de la famille d’un prisonnier
Elles ont également constaté un silence radio de la part des autorités pénitentiaires face à leurs demandes d’explications.
Le Comité pour la libération des prisonniers politiques a exprimé sa profonde inquiétude face à cette situation d’opacité et aux allégations de traitements cruels, exigeant une réponse immédiate des autorités compétentes. Le comité a également affirmé assumer la responsabilité de l’État en matière de protection de l’intégrité physique d’Enzo Flores et des autres détenus.
Ces événements surviennent alors que la loi d’amnistie récemment approuvée au Venezuela est en cours de mise en œuvre. Jorge Arreaza, le président de la commission parlementaire chargée de sa mise en œuvre, a annoncé que 185 prisonniers politiques ont déjà bénéficié d’une libération totale. Il a également précisé que 3 266 personnes soumises à des mesures de précaution, telles que des obligations de présentation régulière devant les tribunaux ou des interdictions de quitter le pays, ont également recouvré leur liberté.
Selon les chiffres communiqués, le nombre de demandes d’amnistie est passé de plus de 3 000 à 6 487 ces dernières heures. Bien que la loi, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, prévoie un délai maximum de 15 jours pour l’examen des demandes, Jorge Arreaza a reconnu qu’il serait « impossible » de couvrir tous les cas.
À ce jour, aucune liste officielle des bénéficiaires de la loi d’amnistie n’a été publiée.