Les efforts européens pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie sont confrontés à un obstacle majeur, la Hongrie menaçant de bloquer le 20e paquet de mesures restrictives à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine. Cette impasse souligne les profondes divisions au sein de l’Union européenne concernant la stratégie à adopter face à Moscou.
Lors de son intervention lundi matin dans l’émission Europe Today d’Euronews, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a dénoncé ces retards comme un « échec » pour l’Europe. « Chaque retard que nous accusons dans l’adoption d’un paquet de sanctions est un échec pour l’Europe », a-t-elle affirmé, appelant à un soutien accru à Kiev. « Nous devons augmenter la pression sur la Russie, d’où les sanctions, et j’attends d’elle qu’elle se comporte aujourd’hui comme les Européens, mais je n’en suis pas sûre », a-t-elle ajouté.
La position hongroise, exprimée par son ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, est conditionnée à la reprise du transit de pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie via l’oléoduc Drouzhba. Budapest accuse l’Ukraine d’entraver délibérément ces livraisons. Cette exigence intervient après l’annonce par la Hongrie et la Slovaquie de la suspension de leurs exportations de diesel vers l’Ukraine, en raison de ce qu’elles considèrent comme des restrictions ukrainiennes sur le pétrole russe acheminé par Drouzhba.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis lundi à Bruxelles dans l’espoir de finaliser ce nouveau train de sanctions, dont l’adoption avant le 26 février – date anniversaire de l’invasion russe – était l’objectif initial. L’unanimité des 27 États membres est requise pour l’approbation de ces mesures.
Par ailleurs, la Hongrie a également bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, une décision qualifiée de « honte » par Maria Malmer Stenergard. « C’est donc une honte qu’ils ne le laissent pas passer, mais nous continuerons à faire pression sur eux. Je crains qu’il y ait beaucoup de politique intérieure dans tout cela avec les élections qui approchent en Hongrie », a-t-elle conclu.
Ce différend met en lumière les tensions persistantes entre certains États membres de l’UE, qui continuent d’importer d’importants volumes de pétrole et de gaz russes, et l’Ukraine, qui les exhorte à réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.