Home Sports Les travailleurs de l’industrie du surf sont-ils sous-payés ? Une nouvelle étude enquête

Les travailleurs de l’industrie du surf sont-ils sous-payés ? Une nouvelle étude enquête

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Une enquête menée par la plateforme d’emploi pour les sports de glisse, NeverWork, révèle des salaires peu compétitifs et un fort attachement à la passion, soulevant des questions sur la reconnaissance des carrières dans le secteur.

  • La majorité des professionnels des sports de glisse estiment que leur secteur est peu rémunérateur par rapport à d’autres industries.
  • La passion pour la discipline reste le moteur principal de ces travailleurs, malgré des conditions salariales souvent jugées insatisfaisantes.
  • Un besoin marqué de meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée et de flexibilité horaire ressort des premiers résultats.

Une étude anonyme menée par Lincoln Eather, fondateur de NeverWork, met en lumière une réalité souvent méconnue du monde des sports de glisse. Interrogés sur la compétitivité des salaires dans leur secteur, seulement 2 % des répondants ont estimé qu’ils étaient comparables à ceux d’autres industries. « C’est assez fou », constate Lincoln Eather, interrogé par SURFER. « 16 % ont répondu avec une pointe d’incrédulité, et 80 % ont affirmé qu’il était largement à la traîne. »

NeverWork, lancée par Eather, se positionne comme une plateforme d’emploi de niche dédiée à l’industrie des sports de glisse, une sorte de LinkedIn axé sur les passions plutôt que sur la rigidité corporate. L’objectif est de créer un espace professionnel adapté au monde des sports d’action, afin de connecter les talents avec des opportunités dans des secteurs qui les animent réellement.

« Les données initiales ont révélé que 86 % des travailleurs souhaitaient un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, 76 % aspiraient à des horaires plus flexibles, et 78 % déclarent que leur passion pour les sports de glisse est ce qui les maintient dans ce domaine », explique Eather. Ces chiffres témoignent d’une motivation profonde qui transcende souvent la simple rémunération.

Lincoln Eather, fort d’une expérience personnelle dans le milieu du surf professionnel et de rôles stratégiques dans le marketing et le développement de produits pour des marques emblématiques (Bellroy, Reef, Quiksilver, Nixon, Rip Curl, Surfline, Patagonia, DHD, Havaianas), a créé NeverWork pour apporter une réponse concrète aux défis rencontrés par les professionnels du secteur.

L’enquête, toujours en cours, vise à dresser un portrait précis des attentes et des réalités du monde du travail dans les sports de glisse. Au-delà de la question salariale, les premiers résultats indiquent que près des trois quarts des participants sont, ou souhaitent devenir, des acteurs à long terme de l’industrie des sports d’action. « C’est une bonne chose que le secteur attire des personnes véritablement passionnées par notre domaine et qui croient en l’avenir du surf, ou des sports de glisse en général », souligne Eather.

Cependant, cette forte implication soulève la question de savoir si la passion et la fidélité sont valorisées à leur juste mesure, ou si elles jouent au contraire en défaveur des employés en termes de reconnaissance financière. En Australie, par exemple, 70 % des personnes interrogées déclarent gagner moins de 120 000 dollars australiens par an (environ 74 000 euros). Dans des villes comme Sydney, où le prix médian de l’immobilier dépasse 1,7 million de dollars australiens (environ 1,05 million d’euros), ce salaire rend la vie, surtout en famille, particulièrement compliquée.

Lorsqu’il s’agit de choisir un nouveau poste, les priorités des travailleurs se dessinent clairement : 26 % privilégient un salaire plus élevé, 33 % un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée, et 25 % une perspective d’évolution de carrière. « Ce qui m’a surpris, c’est le faible nombre de réponses favorables à une culture d’entreprise plus forte ou à un excellent mentorat/environnement d’apprentissage, avec des pourcentages à un chiffre », confie Eather.

Selon lui, cette tendance pourrait refléter une mentalité plus statique que dynamique au sein de l’industrie, freinant ainsi une croissance salariale plus significative. Le manque de programmes de mentorat et une certaine tendance à stagner dans les fonctions actuelles, sans explorer de nouvelles voies ni former la génération montante, sont des constats préoccupants.

L’enquête NeverWork entend précisément mettre en lumière ces dynamiques, tant du point de vue des employés que des employeurs du secteur des sports d’action. « Que vous soyez profondément impliqué dans l’industrie ou que vous débutiez, votre voix compte », insiste Lincoln Eather. « Ce questionnaire a pour but de comprendre ce que signifie réellement travailler et vouloir travailler dans le monde des sports de glisse. L’objectif final est de faciliter l’accès à ce secteur pour de nouvelles personnes, ou d’aider les travailleurs actuels à améliorer leur salaire, leur équilibre vie professionnelle/vie privée et leurs opportunités de carrière. »

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