Publié le 20 février 2026 à 07h02. Le gouvernement argentin de Javier Milei mise sur une réforme du travail controversée pour relancer l’emploi et consolider son programme libertaire, à plus d’un an des élections présidentielles de 2027. Cette initiative, présentée comme une réponse à l’inquiétude croissante concernant le pouvoir d’achat, intervient après une année 2024 marquée par des revirements électoraux inattendus.
- La réforme du travail, adoptée par le Sénat et en attente d’examen à la Chambre des députés, vise à réduire les coûts de licenciement, diminuer les cotisations de retraite et faciliter l’enregistrement des travailleurs informels.
- Le gouvernement Milei espère attirer les investissements étrangers et dynamiser le marché du travail grâce à un cadre réglementaire plus souple.
- Malgré une stabilisation de l’inflation, l’emploi reste une préoccupation majeure pour les Argentins, qui semblent accorder un certain crédit au gouvernement pour trouver des solutions, même sans connaître les détails de la réforme.
L’année 2024 a été riche en surprises pour l’équipe de Javier Milei. Après des sondages initialement favorables et une victoire significative à Buenos Aires lors des élections de mai – où il a devancé le péronisme local de près de trois points et le parti au pouvoir, PRO, de près de quinze points – le gouvernement a essuyé un revers inattendu dans la province de Buenos Aires (PBA). La défaite de près de quatorze points face au parti provincial au pouvoir a suscité des inquiétudes quant à la capacité de Milei à conserver son électorat, la PBA concentrant environ 40 % des voix.
Cependant, plusieurs facteurs ont contredit les prévisions initiales. Les électeurs se sont mobilisés différemment selon les bureaux de vote et les circonscriptions, et la victoire du péronisme dans la PBA a incité les électeurs indécis à se rallier à Milei lors des élections d’octobre. De plus, une certaine complaisance au sein du péronisme, qui pensait la victoire acquise, a pu jouer en faveur de Milei. Enfin, l’incertitude provoquée par les résultats provinciaux a entraîné une volatilité du dollar, interprétée par l’électorat non pas comme une faiblesse de Milei, mais comme un avertissement des conséquences d’un renforcement du péronisme.
Fort de ces éléments, Milei a su consolider des alliances stratégiques. L’accord avec PRO, fondé sur la similarité de leurs électorats, a permis d’éviter une fragmentation des votes. L’alliance avec le gouvernement américain, quant à elle, a contribué à stabiliser la demande de dollars, traditionnellement exacerbée par l’incertitude électorale en Argentine.
Aujourd’hui, le gouvernement argentin mise sur la réforme du travail pour répondre à la principale préoccupation des électeurs : la réactivation de l’emploi. Après avoir réussi, selon les sondages, à stabiliser l’inflation autour de 2 à 3 %, Milei cherche à démontrer sa capacité à améliorer les conditions de vie des Argentins. Le texte de loi, approuvé par le Sénat, prévoit notamment des indemnités de licenciement moins onéreuses pour les employeurs, une baisse des cotisations de retraite, la régularisation des travailleurs informels, la création d’une « banque d’heures » et des modifications concernant les congés payés. Il maintient également le statut d’indépendant pour les travailleurs des plateformes, tout en les obligeant à souscrire une assurance.
Le gouvernement présente cette réforme comme un signal positif pour les investisseurs étrangers, qu’il considère comme essentiels à la relance économique. Milei estime que les investissements nécessaires ne proviendront pas de l’État, mais du secteur privé, en particulier des investisseurs étrangers attirés par sa philosophie politique. Il s’agit également de rassurer les entreprises locales et de créer un environnement plus favorable à l’embauche. Enfin, le gouvernement espère que cette réforme offrira de nouvelles opportunités aux Argentins confrontés à l’instabilité de l’emploi ou au chômage.
Les sondages de mi-février indiquent un soutien légèrement majoritaire à la réforme, avec environ 46 % des Argentins y étant favorables et 43 % s’y opposant. L’opinion publique reste divisée, mais le gouvernement semble bénéficier d’une certaine confiance pour trouver des solutions aux problèmes économiques du pays. À un peu plus d’un an des élections présidentielles, l’approbation de cette réforme constitue un premier test politique majeur pour Javier Milei, dont le succès dépendra de la perception qu’auront les électeurs de ses effets concrets.