L’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, a proposé une solution audacieuse pour mettre fin au conflit à Gaza : la création d’un « État chrétien de Jérusalem » dans le cadre d’une « solution à trois États ». Selon lui, cette nouvelle configuration permettrait de ramener la paix dans une région minée par des décennies de tensions.
S’exprimant sur son podcast « War Room » vendredi, M. Bannon a estimé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait échoué dans sa quête d’un « Grand Israël », un concept aux racines bibliques visant une étendue territoriale allant du Nil à l’Euphrate. Les critiques reprochent souvent à M. Netanyahu de poursuivre cette vision, citant son opposition à un État palestinien et l’expansion continue des colonies en Cisjordanie.
« Ce projet du Grand Israël de Netanyahu lui a explosé au visage… il détruit Israël », a affirmé M. Bannon. « Et c’est pourquoi il faut maintenant opter pour une solution à trois États, et l’un de ces États doit être l’État chrétien de Jérusalem. Nous avons besoin d’un État chrétien en Terre Sainte. Vous en avez juste besoin pour vous assurer que dans 20, 25, 30 ans, tout sera réglé. »
M. Bannon avait déjà exprimé des idées similaires plus tôt dans le mois, suggérant que la paix à Gaza ne serait réalisable qu’en y incluant des acteurs autres que « les musulmans et les juifs ». Il n’a cependant pas apporté de précisions sur la manière dont un tel État chrétien serait établi ni sur les fondements de sa capacité à stabiliser la région.
L’ancien stratège politique américain a par ailleurs minimisé l’influence future d’Israël et du Hamas sur la bande de Gaza. Il a qualifié l’État hébreu de « protectorat » et « État vassal » des États-Unis, tandis que le Hamas serait réduit à un « joueur mineur ». Selon sa vision, la reconstruction de Gaza serait financée par le Qatar, tandis que la Turquie assumerait le rôle de « force de sécurité ».
M. Bannon a rappelé que le plan de paix de Donald Trump, bien que n’évoquant pas explicitement un État palestinien, prévoyait ce qu’il a désigné comme un « État proto-palestinien », laissant entendre une possible reconnaissance de souveraineté par Washington à terme.
Il est à noter qu’Israël et le Hamas avaient convenu début octobre d’un cessez-le-feu temporaire dans le cadre du plan de paix en 20 points de M. Trump. Ce dernier prévoit un retrait progressif des forces israéliennes, l’acheminement d’aide humanitaire, le désarmement du Hamas et une gouvernance palestinienne intérimaire pour la bande de Gaza, sous la supervision d’un « Conseil de paix » international. Malgré des accusations mutuelles de violations, les deux parties ont réaffirmé leur engagement envers cette trêve au cours de la semaine.