Publié le 13 février 2026 à 18h26. Une équipe de chercheurs zurichois a révélé que le noyau terrestre recèlerait un immense réservoir d’hydrogène, une découverte qui pourrait remettre en question notre compréhension de la formation de la planète et de la répartition de l’eau dans le système solaire.
Le noyau de notre Terre contiendrait bien plus d’hydrogène qu’on ne le pensait, selon une étude menée par l’ETH Zurich. Cette découverte, publiée récemment, suggère que l’hydrogène s’est incorporé au noyau terrestre lors de la formation de la planète, sous forme d’hydrures de fer, et pourrait influencer des processus géologiques fondamentaux.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont recréé en laboratoire les conditions extrêmes qui règnent au cœur de la Terre. Ils ont soumis un échantillon de fer à des pressions et des températures colossales, simulant ainsi l’environnement du noyau terrestre. En utilisant une tomographie de pointe, ils ont pu observer la manière dont l’hydrogène se lie au fer, au silicium et à l’oxygène, formant des hydrures de fer. Cette analyse a permis de quantifier précisément la quantité d’hydrogène capable de se dissoudre dans le fer dans ces conditions.
Plus d’hydrogène que prévu dans le noyau terrestre
À partir de ces mesures et de la composition connue du noyau terrestre, l’équipe de l’ETH Zurich estime que 0,07 à 0,36 % de sa masse pourrait être constituée d’hydrogène. Si cet hydrogène était converti en eau, le volume d’eau ainsi obtenu serait neuf à cinquante fois supérieur à celui de tous les océans terrestres réunis. Le noyau terrestre se révélerait donc être un réservoir d’hydrogène bien plus important que l’ensemble des océans, de l’atmosphère et du manteau.
Cette découverte remet en question les théories actuelles sur l’origine de l’eau sur Terre. Jusqu’à présent, on pensait que l’eau avait été principalement apportée par des comètes et des astéroïdes après la formation de la planète. L’existence d’un réservoir d’hydrogène aussi important dans le noyau terrestre suggère que l’eau pourrait être présente depuis les premiers stades de la formation de la Terre. De plus, cet hydrogène stocké en profondeur pourrait influencer le champ magnétique terrestre, le volcanisme et le cycle de l’eau entre l’intérieur et la surface de la planète.
Les résultats de cette étude pourraient également avoir des implications pour notre compréhension des exoplanètes et de la répartition des éléments volatils dans le système solaire primitif. Ils ouvrent de nouvelles perspectives pour la recherche sur la formation et l’évolution des planètes.
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