Home International L’Éthiopie a défié l’Égypte pour le contrôle du Nil : « Nous ne nous laisserons pas intimider »

L’Éthiopie a défié l’Égypte pour le contrôle du Nil : « Nous ne nous laisserons pas intimider »

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Publié le 2025-10-14 01:46:00. L’Éthiopie a réaffirmé lundi son droit souverain sur les eaux du Nil face aux avertissements de l’Égypte, suite à l’inauguration du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Les tensions se ravivent alors que les deux pays s’accusent mutuellement de mauvaise foi dans les négociations.

  • L’Éthiopie refuse de céder aux pressions et défend son droit à utiliser le Nil pour ses besoins.
  • L’Égypte a prévenu qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts hydriques.
  • Les négociations sur le partage des eaux du Nil sont au point mort depuis 2015.

Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a déclaré dans un communiqué : « L’Éthiopie ne sera pas soumise à des pressions ou à des intimidations pour qu’elle renonce à son droit d’utiliser le Nil pour répondre à ses besoins en eau. La montée en puissance de l’Éthiopie est une réalité irréversible, malgré toutes les machinations, manœuvres indirectes et tentatives peu judicieuses de ses adversaires. » Cette réponse survient au lendemain des propos du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui avait qualifié l’attitude éthiopienne d’« intransigeance » et d’« attitude irresponsable », ajoutant que l’Égypte « ne restera pas les bras croisés […] et prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts et sa sécurité hydrique. »

Addis-Abeba a rétorqué que si l’Éthiopie et d’autres pays riverains du Nil avaient cherché une coopération transfrontalière fondée sur le droit international pendant des décennies, le Caire n’avait jamais « négocié de bonne foi ». Malgré cet échange tendu, le gouvernement éthiopien a tenu à préciser qu’il « continue de choisir la voie diplomatique et les relations amicales avec l’Égypte, et qu’il n’a jamais initié de différends diplomatiques ni publié de déclarations belliqueuses injustifiées ».

Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), dont l’inauguration officielle a eu lieu en septembre dernier, est le plus grand projet hydroélectrique d’Afrique. Il est au cœur d’un contentieux diplomatique persistant avec l’Égypte et le Soudan, qui craignent que cet ouvrage ne compromette leur sécurité hydrique et ne viole les accords historiques régissant l’usage du fleuve. Le Nil, dont le bassin s’étend sur onze pays africains, est alimenté par le Nil Blanc et le Nil Bleu, ce dernier prenant sa source en Éthiopie et contribuant à hauteur de 85 % au débit total. L’Éthiopie assure que le barrage ne causera pas de préjudices majeurs aux pays voisins, mais les pourparlers entre les trois nations sont bloqués depuis 2015. Le Caire et Khartoum reprochent à Addis-Abeba d’avoir procédé unilatéralement aux phases de remplissage du barrage, sans obtenir de consensus préalable.

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