Publié le 13 février 2026 à 10h09. Le gouvernement sud-africain va étendre son système d’autorisation de voyage électronique (ETA) à tous les pays dont les ressortissants ont besoin d’un visa pour entrer en Afrique du Sud, une mesure saluée par l’industrie du tourisme comme un accélérateur de croissance et de création d’emplois.
- L’ETA permettra un traitement numérique des demandes de visa touristique en moins de 24 heures.
- Le système a été testé avec succès auprès de délégations de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique avant le sommet du G20 à Johannesburg.
- Le secteur du tourisme sud-africain, qui a généré 618,7 milliards de rands (environ 50 milliards d’euros) en 2024, pourrait atteindre 900 milliards de rands (environ 73 milliards d’euros) de contribution au PIB d’ici 2035 grâce à ces réformes.
L’annonce de cette extension a été faite par le président Cyril Ramaphosa lors de son discours sur l’état de la nation, et marque une avancée significative pour l’Afrique du Sud, qui cherche à attirer davantage de touristes internationaux. Le système ETA, lancé en septembre 2025 par le ministère de l’Intérieur, vise à moderniser et sécuriser les procédures d’entrée sur le territoire.
Cette plateforme entièrement numérique, alimentée par l’intelligence artificielle, remplace les formulaires de visa traditionnels pour les séjours de courte durée. Elle simplifie le processus de demande grâce à un système en ligne conçu pour être plus rapide, transparent et efficace. Des tests initiaux ont été menés en amont du sommet du G20 à Johannesburg, avec un projet pilote lancé en octobre pour les ressortissants de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Mexique, quatre pays membres du G20 nécessitant un visa pour entrer en Afrique du Sud.
En novembre, le système a été étendu aux touristes de ces quatre pays, avant d’être déployé progressivement sur tous les marchés soumis à l’obligation d’un visa. À terme, l’ETA s’appliquera également à d’autres catégories de visas et à différents points d’entrée.
Le Conseil des entreprises touristiques d’Afrique du Sud (TBCSA) a salué cette réforme comme une avancée majeure. Selon Tshifhiwa Chivhangwa, PDG du TBCSA :
« Le TBCSA a toujours souligné que la facilité d’accès est essentielle pour améliorer la compétitivité de l’Afrique du Sud en tant que destination. Pour les marchés long-courriers en particulier, la certitude et la rapidité du processus de visa influencent directement les décisions de voyage. »
Le TBCSA plaide depuis des années pour une simplification des procédures de visa, qu’il considère comme un frein à la compétitivité de l’Afrique du Sud face à d’autres destinations touristiques, notamment pour attirer les voyageurs des marchés européens, nord-américains et asiatiques. Chivhangwa a ajouté :
« Nous plaidons depuis un certain temps déjà en faveur de systèmes de visas plus efficaces et plus prévisibles. Un traitement numérique plus rapide constitue un pas en avant significatif. Lorsque l’accès s’améliore, les arrivées augmentent. Et lorsque les arrivées augmentent, le tourisme crée davantage d’emplois et a un impact économique plus important. »
Le tourisme contribue de manière significative à l’économie sud-africaine, avec 618,7 milliards de rands (environ 50 milliards d’euros) générés en 2024 et 1,8 million d’emplois soutenus. Ce chiffre devrait atteindre 1,9 million en 2025, avec un potentiel de 900 milliards de rands (environ 73 milliards d’euros) de contribution au PIB et 2,6 millions d’emplois d’ici 2035, à condition que les réformes se poursuivent.
Le président Ramaphosa a souligné que 13 arrivées de touristes internationaux génèrent un emploi. Il a également révélé que le secteur a accueilli 10,5 millions de visiteurs internationaux l’année dernière, une étape importante dans la reconstruction de l’économie touristique du pays.
Les acteurs du secteur soulignent que la réussite de ce système dépendra de sa mise en œuvre effective. Le système est sécurisé par la biométrie faciale et utilise l’apprentissage automatique pour traiter instantanément les demandes de visa touristique.
Le TBCSA a exprimé sa volonté de continuer à collaborer avec le gouvernement pour garantir un déploiement efficace de l’ETA et un impact positif pour le secteur. Business Unity South Africa a également souligné l’importance de ces mesures pour stimuler le tourisme et la création d’emplois.
Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a récemment annoncé que l’Autorité de gestion des frontières et ses partenaires travaillent à la mise à niveau du système de contrôle électronique des mouvements (EMCS) pour activer la reconnaissance faciale dans tous les aéroports internationaux et aux frontières terrestres les plus fréquentées. Il a affirmé :
« Mais qu’il n’y ait aucun doute là-dessus : l’ETA va dynamiser la création d’emplois touristiques sur des marchés majeurs mais largement inexploités comme l’Inde, la Chine et l’Indonésie à une échelle que nous n’avons jamais vue auparavant. »