L’inflation aux États-Unis continue de ralentir, offrant un répit aux consommateurs et alimentant les espoirs d’une baisse prochaine des taux d’intérêt. En janvier, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an, un chiffre inférieur aux attentes et marquant une nouvelle décélération après 2,7 % le mois précédent.
Ce recul est principalement dû à la baisse des prix de l’énergie, notamment du carburant (-7,5 % sur un an), et des véhicules d’occasion (-2 %). Les prix des œufs, qui avaient connu une flambée l’année dernière en raison de la grippe aviaire, ont chuté d’environ 34 % par rapport à janvier 2025. Cependant, certains postes de dépenses restent préoccupants, avec des augmentations significatives des factures de gaz (+9,8 %) et d’électricité (+6,3 %). L’alimentation, dans son ensemble, a progressé de 2,9 %.
Par ailleurs, le coût des voyages aériens a connu une hausse notable en début d’année, avec une augmentation de 6,5 % des prix des billets sur un mois.
Malgré ce ralentissement, l’inflation reste un sujet de préoccupation, notamment à l’approche des élections de fin d’année. Le président Donald Trump affirme que « l’inflation n’est plus un problème », mais les prix continuaient d’augmenter, bien que plus lentement, en avril 2025 (+2,3 % sur un an), période où il avait annoncé un renforcement des droits de douane sur les produits importés. Selon Bernard Yaros, d’Oxford Economics, le ralentissement observé en janvier « renforce notre conviction que les hausses des prix des biens liées aux droits de douane sont largement derrière nous ».
La question du pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des Américains, Donald Trump étant revenu au pouvoir l’année dernière en promettant d’améliorer leur situation économique. Les données sur l’inflation sont donc scrutées de près pour anticiper la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) et une éventuelle baisse de ses taux directeurs. Avant la publication des chiffres, Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank, expliquait que « si l’inflation se calme, la Fed sera mieux placée pour baisser les taux et soulager une économie fragilisée par les inquiétudes liées à l’IA et aux pertes d’emplois potentielles ».
Les marchés financiers ont accueilli ces chiffres avec prudence. Vendredi, la Bourse de New York a ouvert sur une note hésitante, le Dow Jones perdant 0,09 %, le Nasdaq 0,07 % et l’indice S&P 500 gagnant légèrement 0,01 %.
À retenir
- L’inflation aux États-Unis a ralenti à 2,4 % en janvier, un niveau inférieur aux attentes.
- La baisse des prix du carburant et des véhicules d’occasion contribue à ce ralentissement, mais les coûts de l’énergie et de l’alimentation restent élevés.
- Les marchés financiers réagissent avec prudence, dans l’attente de la réaction de la Fed.
Contexte
L’inflation a été un défi majeur pour l’économie américaine ces dernières années, atteignant des niveaux records en 2022 et 2023. La Fed a réagi en augmentant ses taux d’intérêt, ce qui a contribué à freiner la demande et à ralentir la croissance économique. Le retour de Donald Trump à la présidence a mis l’accent sur la nécessité de redresser le pouvoir d’achat des Américains.
Ce qui change
Un ralentissement de l’inflation pourrait inciter la Fed à assouplir sa politique monétaire et à baisser ses taux d’intérêt, ce qui pourrait stimuler l’économie. Cela pourrait également avoir un impact positif sur le pouvoir d’achat des consommateurs et sur les perspectives de réélection du président Trump.
Prochaines étapes
Les prochains chiffres de l’inflation, qui seront publiés dans les semaines à venir, seront déterminants pour la politique monétaire de la Fed. Les investisseurs et les économistes surveilleront également de près l’évolution des prix de l’énergie et de l’alimentation, ainsi que l’impact des droits de douane sur les prix à la consommation.
Chiffres clés
- Inflation (janvier 2025) : 2,4 % (sur un an)
- Carburant : -7,5 % (sur un an)
- Véhicules d’occasion : -2 % (sur un an)
- Gaz : +9,8 % (sur un an)
- Électricité : +6,3 % (sur un an)
- Alimentation : +2,9 % (sur un an)
- Billets d’avion : +6,5 % (sur un mois)