Publié le 23 février 2026 à 04h00 GMT. L’Iran propose de nouvelles concessions sur son programme nucléaire, notamment la possibilité de transférer une partie de son uranium enrichi à l’étranger, en échange de la levée des sanctions économiques et de la reconnaissance de son droit à l’enrichissement pacifique, alors que les tensions avec les États-Unis restent vives.
- L’Iran est prêt à envoyer la moitié de son stock d’uranium hautement enrichi à l’étranger et à en diluer l’autre moitié.
- Téhéran propose également aux entreprises américaines de participer à des projets dans les secteurs pétrolier et gazier.
- Les États-Unis envisagent une « frappe limitée » contre l’Iran si aucun accord n’est trouvé, ce que Téhéran considérerait comme une agression.
Oman a confirmé l’organisation d’un nouveau cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis ce jeudi à Genève. Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions, exacerbées par le déploiement de navires militaires américains au Moyen-Orient et les menaces de frappes potentielles.
Selon un haut responsable iranien cité par Reuters, Téhéran envisage sérieusement d’envoyer la moitié de son stock d’uranium hautement enrichi à l’étranger, de diluer la concentration de l’autre moitié et d’établir une alliance régionale pour l’enrichissement. Cette proposition, qui a déjà été évoquée par le passé, vise à rassurer la communauté internationale sur les intentions pacifiques du programme nucléaire iranien.
En contrepartie, l’Iran exige la reconnaissance par les États-Unis de son droit à « l’enrichissement nucléaire pacifique » et la levée des sanctions économiques qui pèsent sur son économie. Le responsable iranien a également souligné que des opportunités d’investissement seraient offertes aux entreprises américaines dans le secteur pétrolier et gazier iranien, dans le cadre de ces négociations.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a exprimé un optimisme prudent quant aux derniers échanges avec les États-Unis, soulignant que Téhéran restait préparé à toute éventualité.
La situation est d’autant plus délicate que le président américain Donald Trump a averti qu’il envisageait une « frappe limitée » contre l’Iran si aucun accord n’était trouvé. Téhéran a immédiatement réagi en avertissant que toute attaque américaine, même limitée, serait considérée comme une « agression ».
« Toute agression sera considérée comme une agression. »
Ismail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères
Parallèlement, des troubles internes ont éclaté en Iran, avec des manifestations étudiantes dans plusieurs universités. La télévision d’État iranienne a accusé des individus se faisant passer pour des étudiants d’attaquer des manifestants pro-gouvernementaux, tandis que des agences de presse ont fait état de blessés lors d’interventions des forces de sécurité. Le ministère indien des Affaires étrangères a d’ailleurs appelé ses citoyens à quitter l’Iran.
Dans un autre développement, le journal britannique Financial Times a révélé qu’un accord avait été conclu en décembre 2025 entre l’Iran et la Russie pour l’acquisition par Téhéran de systèmes de défense aérienne russes pour environ 545 millions de dollars (soit environ 410 millions d’euros). Cet accord prévoit la livraison de 500 lanceurs portables Verba et de 2 500 missiles 9M336 sur une période de trois ans.
Enfin, le New York Times a rapporté que le guide suprême iranien, Ali Khamenei, aurait désigné des successeurs potentiels et mis en place des mécanismes de succession pour assurer la continuité des institutions de l’État en cas d’attaque militaire ou de tentative d’assassinat. Téhéran considère la possibilité de frappes américaines comme imminente, malgré la poursuite des négociations diplomatiques.
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