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L’Iran et les États-Unis reprennent les négociations pour éviter la guerre

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Publié le 26 février 2026 à 17h04. Des négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis se sont ouvertes ce jeudi à Genève, dans un contexte de fortes tensions et de déploiement militaire américain massif dans la région du Golfe.

Un troisième cycle de discussions, sous la médiation d’Oman, s’est engagé dans la ville suisse, alors que le président américain Donald Trump maintient la pression sur Téhéran et a fixé un délai de 15 jours pour parvenir à un accord.

L’Iran a réaffirmé sa position, insistant pour que les pourparlers se concentrent exclusivement sur la question nucléaire. Les États-Unis, en revanche, souhaitent aborder également le programme de missiles balistiques iranien et le soutien apporté par Téhéran à divers groupes armés dans la région.

Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, les délégations se sont rencontrées dans la matinée à la résidence de l’ambassadeur d’Oman et reprendront leurs échanges dans l’après-midi, entre 16h30 et 17h00 GMT.

Pour faire pression sur Téhéran, le président Trump a déployé une importante force navale et aérienne au Moyen-Orient, comprenant notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln, neuf destroyers et trois navires de combat supplémentaires. Le plus grand porte-avions au monde, l’USS Gerald R. Ford, a également été envoyé en Méditerranée.

Le président iranien Masud Pezeshkian a tenu à souligner que son pays n’a aucune ambition de se doter de l’arme nucléaire.

« Notre guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a déjà déclaré que nous n’aurons pas du tout d’armes nucléaires »,

Masud Pezeshkian, président iranien

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baqai, a précisé que Téhéran entendrait faire pression pour la levée des sanctions internationales qui lui sont imposées et réaffirmerait son droit à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

Cette approche est toutefois critiquée par certains responsables américains. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a qualifié cette position de « gros problème », estimant qu’il est impératif d’aborder d’autres sujets que le seul programme nucléaire.

Selon Donald Trump, l’Iran a développé des missiles capables de menacer l’Europe et les bases militaires américaines, et travaille à la conception d’armes encore plus puissantes, susceptibles d’atteindre le territoire américain. Téhéran a démenti ces accusations, les qualifiant de « gros mensonges ».

L’Iran dispose d’un arsenal important, notamment de missiles Shahab-3, qui pourraient atteindre Israël, son principal adversaire, ainsi que certains pays d’Europe de l’Est.

Malgré ces divergences, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a exprimé son optimisme, affirmant qu’un accord est « à portée de main » et qu’il s’agit d’une « opportunité historique ». Il estime que ces négociations pourraient permettre de sortir d’une situation de « ni guerre ni paix ».

Cependant, Araqchi a souligné que le succès de ces pourparlers dépendra du sérieux de la partie américaine et de sa capacité à éviter des positions contradictoires.

Les États-Unis sont représentés dans ces négociations par l’envoyé spécial Steve Witkoff et le gendre du président Trump, Jared Kushner. Des discussions antérieures avaient déjà eu lieu à Oman et à Genève.

Une tentative de dialogue antérieure avait échoué en juin suite à une attaque israélienne contre l’Iran, qui avait déclenché une guerre de 12 jours au cours de laquelle les États-Unis avaient bombardé des installations nucléaires iraniennes.

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accrues en janvier, après la répression violente par l’Iran de manifestations de grande ampleur contestant le pouvoir des ayatollahs. Donald Trump avait alors menacé d’intervenir dans le pays pour « aider » le peuple iranien.

Emile Hokayem, analyste de la sécurité au Moyen-Orient à l’Institut international d’études stratégiques, estime que la région s’attend désormais à une guerre. Il a indiqué que plusieurs pays du Moyen-Orient avaient fait pression en janvier pour dissuader les États-Unis d’attaquer l’Iran, mais que l’appréhension est grande, car un éventuel conflit serait plus important que celui de juin.

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